Préambule
Il n'est pas indispensable de connaître toute la
comptabilité pour savoir lire un bilan, comprendre et établir des tableaux de
bord, c'est-à-dire pour être en mesure d'apprécier ou de juger la situation
financière d'une entreprise.
L'utilisation des ratios comme outil d'analyse peut se révéler suffisant pour
se faire une première idée de la situation d'une entreprise.
Qui peut être intéressé par l'analyse du bilan et les tableaux de bord ?
a) Le chef d'entreprise lui-même ou sa direction comptable et financière.
b) Le banquier de l'entreprise.
c) D'autres personnes devraient s'intéresser aux documents financiers de
l'entreprise, et notamment :
- les actionnaires, les apporteurs ou prêteurs de fonds,
- les clients et les fournisseurs importants,
- les employés et les cadres.
L'analyse et les ratios
L'analyse des
comptes annuels doit permettre de déterminer correctement les besoins et les
moyens financiers de l'entreprise.
Une des méthodes traditionnelles d'analyse financière est celle des ratios.
L'étude de la variation des ratios est un moyen d'apprécier la situation et la
gestion de l'entreprise. Elle est attachée à l'analyse globale du risque.
Mais les ratios ne sont que des indicateurs, il conviendra, dès lors, de
rechercher la cause de leur variation pour tenter d'améliorer la gestion. En
effet, l'analyse par les ratios n'offre pas de formule miracle qui permettrait
à l'analyste de distinguer tous les aspects du risque. Il devra surveiller les
valeurs absolues de certains paramètres financiers. Par exemple, la structure
financière d'une société peut être équilibrée alors que la garantie que
constituent les fonds propres, le fonds de roulement ou les résultats se
révèlent insuffisants par rapport à un crédit sollicité.
Enfin, avant de commencer l'analyse des ratios, il convient de se demander si
les comptes annuels donnent une image correcte de la situation de l'entreprise,
afin d'avoir la conviction que tel actif ou passif n'est pas sur ou
sous-évalué. On introduira les adaptations éventuelles en observant les
influences qu'elles peuvent entraîner sur certains ratios.
Nous analyserons successivement :
I. La trésorerie
II. Le tableau de financement
II. Les ratios financiers
SCHEMA FINANCIER DU COMPTE DE RESULTATS
|
70
|
CHIFFRE
D'AFFAIRES
|
|
74
|
+ AUTRES
PRODUITS EXPLOITATION
|
|
|
|
|
|
TOTAL PRODUITS
|
|
61
|
- SERVICES &
BIENS DIVERS
|
|
|
VALEUR AJOUTEE
|
|
61
|
- FRAIS
PERSONNEL
|
|
62
|
- AMORTISSEMENTS
|
|
63
|
- AUTRES CHARGES
EXPLOITATION
|
|
|
RESULTAT D'EXPLOITATION
|
|
75-65
|
+/- RESULTAT
FINANCIER
|
|
|
RESULTAT COURANT
|
|
76-66
|
+/- RESULTAT
EXTRAORDINAIRE
|
|
|
RESULTAT AVANT IMPOTS
|
|
77-67
|
+/- IMPOTS
|
|
|
RESULTAT NET
|
I. ANALYSE DE TRESORERIE
a) Fonds de roulement net
Le fonds de
roulement net (FRN) est la différence entre les capitaux permanents et les
actifs immobilisés, soit la différence entre :
<Fonds Propres + Provisions
et Impôts Différés + Dettes à long terme + Dettes LT échéant dans l'année>
ET
<Frais d'établissement +
Immobilisés Incorporels + Immobilisés Corporels + Immobilisés Financiers >
Généralement:
- un fonds de roulement net positif signifie que des capitaux permanents sont
disponibles pour financer les besoins d'exploitation,
- un fonds de roulement négatif indique que des actifs à long terme doivent
être financés par du court terme. Dans ce cas, il y a insuffisance de
financement des immobilisés par les capitaux à long terme.
b) Besoin de financement à court terme
Le besoin de financement
à court terme, également appelé besoin en fonds de roulement, est la différence
entre actifs et passifs circulants d'exploitation, soit :
< Stocks+ Créances Commerciales + Autres Créances + Régularisation
d'actif>
ET
<Dettes Commerciales + Acomptes sur
Commandes + Dettes Fiscales, Salariales et Sociales+ Autres Dettes +
Régularisation du Passif>
Le besoin de financement à court terme correspond à la quantité de fonds devant
être financée. Ce besoin de financement résulte du cycle d'exploitation de
l'entreprise et est lié au décalage entre les recettes et les dépenses pour
réaliser son activité.
Ce besoin de financement est déterminé par les éléments de l'exploitation de
l'entreprise, à savoir le cycle de production, la rotation des stocks, les
délais de paiement fournisseurs et clients.
c) Trésorerie
La trésorerie au
sens large est ici la différence entre :
< Placements de Trésorerie + Valeurs
Disponibles >
ET
<Dettes Financières à Court
Terme>
Une trésorerie négative indique que l'entreprise doit s'endetter à court terme
pour financer son exploitation, ce qui la rend vulnérable. Cette situation ne
devient réellement dangereuse que lorsque le crédit bancaire est ébranlé. Les
taux d'intérêts à court terme sont plus volatiles que les taux à long terme.
L'incertitude quant aux charges financières à supporter s'en trouve donc
accrue.
Le Fonds de Roulement Net = Besoin de Financement à court terme + Trésorerie
Il est important que le fonds de roulement net soit positif.
Ce n'est toutefois pas une condition suffisante d'équilibre financier. Le fonds
de roulement net doit également être supérieur au besoin de financement à court
terme, engendrant ainsi une trésorerie positive. Si ce n'est pas le cas,
l'entreprise devra avoir recours au crédit bancaire à court terme pour financer
l'exploitation (crédit de caisse).
Notons que si une trésorerie positive constitue une structure financière
confortable, une trésorerie trop positive pourrait se traduire par une carence
d'emplois plus rentables.
II. TABLEAU DE FINANCEMENT
a) Analyse par cash flow
Les analyses
financières classiques offrent l'inconvénient de ne représenter qu'un cliché
ponctuel dans la vie de l'entreprise. Si en outre, ce moment correspond à la
clôture, il peut arriver que les réalités économiques et bilantaires
divergent.
L'analyse par cash flow corrige ce biais en
s'intéressant aux flux réels de liquidité générés au sein de l'entreprise
durant l'exercice.
b) Notion de cash flow
Le terme cash flow signifie : flux de liquidité. Diverses activités
génèrent du cash flow au sein de l'entreprise. Nous
les regroupons en activités opérationnelles, activités d'investissement et
activités financières.
Le cash flow, pris au sens large, permet d'évaluer la
capacité d'autofinancement d'une entreprise, et indique quels moyens financiers
ont été générés par les diverses activités pour une certaine période.
Plus l'entreprise génère de cash flow, plus elle
dispose de moyens liquides qu'elle peut affecter soit à sa politique
d'investissement, soit au respect de ses engagements.
c) Cash flow opérationnel
Pour obtenir les
réels mouvements de fonds résultant de l'activité commerciale et financière de
l'entreprise, deux corrections sur les charges non décaissées doivent être
apportées :
1) Ajouter au résultat de l'exercice, les amortissements, réductions de valeur
et dotations à provisions de l'exercice. On obtient ainsi la définition
classique de la marge brute d'autofinancement (MBA) également appelée cash flow d'exploitation.
2) Corriger via la variation du besoin de financement à court terme en ne
prenant en considération que les montants encaissés et décaissés. Ainsi par
exemple une augmentation du poste des créances d'un exercice à l'autre ne
signifie pas une entrée de liquidité et doit donc être retiré du calcul du cash
flow. On obtient alors le cash flow
résultant des activités opérationnelles.
d) Cash flow de la
politique d'investissement
Ce cash flow correspond au total des encaissements et décaissements
réalisés sur les immobilisés, à savoir : les frais d'établissement, les
immobilisations incorporelles, les immobilisations corporelles et les
immobilisations financières.
Par exemple, une vente d'immeuble génèrera un cash inflow
d'investissement.
Les amortissements, réductions de valeurs ou provisions portant sur ces
rubriques ne sont pas prises en considération dans la politique
d'investissement, ces décisions relevant plutôt de la gestion opérationnelle de
l'entreprise.
Les investissements constituent une donnée importante puisqu'ils contribuent à
l'augmentation de valeur d'une entreprise. A cet égard, une comparaison
historique est intéressante. En outre, ils prouvent la confiance des
actionnaires et de la direction dans l'entreprise.
e) Autres cash flows
La distribution de
résultat de l'exercice ou des exercices antérieurs, sous quelque forme que ce
soit, génère une sortie de liquidités affectant le solde financier réel de fin
d'exercice. Ne relevant ni de la politique d'investissement, ni de l'activité
opérationnelle, ces cash outflows sont repris sous
une rubrique séparée.
f) Solde financier en fin d'année
Si le total des cash
flow opérationnel et d'investissement est positif, le
solde financier de l'exercice permettra donc à l'entreprise soit d'assainir son
bilan en effectuant des remboursements de dettes à court ou à long terme, soit
de thésauriser en placements de trésorerie ou en disponible. Cette situation
est clairement optimale.
Si le solde financier est négatif, cela signifie que l'entreprise a été
contrainte de le couvrir pendant l'exercice, via endettement, augmentation de
fonds propres et/ou en puisant dans les placements de trésorerie et/ou le
disponible. Cette situation se produira notamment en période d'investissement.
g) Couverture du solde financier en fin d'année
Un solde financier
négatif doit être couvert. Au cours de l'exercice, soit l'entreprise a utilisé
ses ressources existantes (disponibles et placements de trésorerie), soit elle
à fait appel à des ressources nouvelles (capital et/ ou endettement à court ou
long terme). Si une telle situation se présente fréquemment (notamment en
période d'investissements), il n'est cependant pas souhaitable de la prolonger
sur plusieurs exercices.
Un solde financier positif après distribution permet à l'entreprise de dégager
des liquidités pouvant concourir soit au désendettement soit à une
thésaurisation des moyens ainsi libérés.
III. PRINCIPAUX RATIOS FINANCIERS
Les ratios établis
ci-après constituent un tableau de bord économique et financier. Les ratios
sont à examiner sur plusieurs exercices. Toute variation significative de l'un
d'entre eux devra pouvoir être justifiée.
a) Liquidité
La liquidité
concerne la capacité de l'entreprise de faire face à ses engagements à court
terme. Cet aspect est particulièrement important pour les créanciers à court
terme, en premier lieu les fournisseurs et les établissements de crédit, mais
aussi le fisc et l'ONSS. En Belgique, la législation
relative aux faillites se réfère fortement à la position des liquidités.
1.1. Fonds de roulement net
1.2. Liquidité générale
1.3. Liquidité au sens strict
1.4. Couverture des immobilisations par les capitaux permanents
1.5. Liquidité immédiate
1.6. Rotation des stocks et commandes en cours
1.7. Délai moyen de paiement clients
1.8. Délai moyen de paiement fournisseurs
b) Solvabilité
La solvabilité
concerne la capacité de l'entreprise à faire face à l'ensemble de ses
engagements financiers : remboursement des dettes aux échéances prévues et
paiement régulier des intérêts. Deux aspects sont importants : l'amortissement
de la somme principale et le paiement des intérêts. Cet aspect est également
fondamental puisque le déséquilibre du crédit constitue une condition de
faillite.
2.1. Degré d'endettement
2.2. Fonds de tiers / Passif total
2.3. Fonds Propres / Passif total
2.4. Degré d'endettement à long terme
2.5. Fonds de tiers à long terme / capitaux permanents
2.6. Degré d'autofinancement
2.7. Couv. des charges
financières par résultat avant impôt
2.8. Couverture des fonds de tiers par le cash flow
2.9. Couverture des fonds de tiers à long terme par le cash flow
c) Rentabilité
Si les produits d'un
exercice sont supérieurs aux charges, l'entreprise fait du bénéfice. Autrement
il y a perte. Le résultat constitue donc un élément central dans l'analyse de
la rentabilité, qui mesure en fait la viabilité à long terme de l'entreprise.
3.1. Marges brutes sur ventes
3.2. Marges nettes sur ventes
3.3. Rentabilité brute de l'actif total
3.4. Rentabilité brute des actifs d'exploitation
3.5. Rotation des actifs d'exploitation
3.6. Rentabilité des fonds propres
d) Valeur ajoutée
L'analyse de la
valeur ajoutée est une notion économique qui complète les ratios précédents.
Contribuant à l'estimation de la productivité, la valeur ajoutée est principalement
un outil de mesure de la création globale de richesse de l'entreprise.
4.1. Valeur ajoutée affectée au personnel
4.2. Valeur ajoutée affectée aux amortissements, réductions de valeur et
provisions
4.3. Valeur ajoutée affectée aux charges fiscales
4.4. Valeur ajoutée par personne occupée
4.5. Taux de valeur ajoutée
1. LIQUIDITE
1.1. Fonds de roulement net
Voir ci-dessus "ANALYSE DE TRÉSORERIE".
1.2. Liquidité générale
|
Stocks + Créances CT + Placements trésorerie +
Disponible
|
|
Exigible à CT
|
En théorie, si les actifs circulants couvrent exactement les fonds de tiers à
court terme, le ratio de liquidité générale est égal à 1. Bien que l'analyse
doive être affinée selon le secteur d'exploitation, on considère généralement
que ce ratio doit être supérieur à l'unité car la réalisation des actifs
circulants suffira à honorer les dettes circulantes.
Une valeur très élevée du ratio de liquidité au sens large n'est cependant pas
nécessairement avantageuse car elle pourrait signifier ici que l'entreprise
surinvestit en actifs circulants.
1.3. Liquidité au sens strict
|
Créances CT + Placements de trésorerie +
Disponible + Régularisation
|
|
Exigibles CT
|
Afin d'éliminer les éléments les moins liquides, à savoir les stocks et les
commandes en cours d'exécution, ainsi que les comptes de régularisation, on
calcule le ratio de liquidité au sens strict. Une augmentation de la part des
stocks dans les actifs circulants entraîne une diminution de la liquidité,
puisque les stocks permettent moins facilement de répondre à des dettes que par
exemple des moyens liquides et des placements de trésorerie.
Idéalement le ratio de liquidité au sens strict est supérieur à l'unité. Ce
ratio est parfois utilisé par les fournisseurs de crédit pour accepter ou rejeter
une commande.
1.4. Couverture des immobilisés par
les capitaux permanents
Le ratio de couverture des immobilisations par les capitaux permanents est la
reformulation en termes relatifs du fonds de roulement net :
|
Capitaux Permanents
|
|
Actifs immobilisés
|
De même que le
fonds de roulement net doit être positif, ce ratio doit être supérieur à
l'unité. Un rapport négatif indique une insuffisance de capitaux à long terme
en regard des immobilisés. Des actifs à long terme doivent alors être financés
par du court terme.
1.5. Liquidité immédiate
|
Valeurs disponibles
|
|
Actifs circulants
|
Les actifs circulants correspondent pour ce ratio à l'addition des stocks et du
réalisable.
Ce ratio permet d'établir la capacité à faire face aux besoins de trésorerie
immédiats. Il est toutefois sujet à de fortes fluctuations journalières.
1.6. Rotation des stocks et commandes
en cours
La rotation des stocks indique combien de fois en moyenne, les stocks ont été
vendus durant l'exercice.
|
Prix de revient des ventes
|
X 365
|
|
Stocks et commandes en cours
|
En règle générale,
une rotation des stocks élevée signifie que les stocks ne traînent pas, ce qui
résulte d'une politique commerciale dynamique, couplée à une gestion des stocks
efficace.
Il faut cependant se garder de toute simplification abusive. En effet, un ratio
de rotation élevé peut s'avérer la conséquence d'un niveau insuffisant de
stocks, causant des ruptures de stocks et nécessitant des commandes fréquentes.
La rotation des stocks peut être décomposée selon les catégories
d'approvisionnement. On calculera séparément la rotation des stocks de biens
acquis (approvisionnements et marchandises), de la rotation des stocks de
fabrication (en cours de fabrication et produits finis).
1.7. Délai de paiement client
|
Créances commerciales
|
X 365
|
|
Ventes + TVA sur ventes
|
Les créances commerciales à un an au plus ne sont liquides que dans la mesure
où elles peuvent être encaissées dans un délai raisonnable. Par hypothèse les
créances à plus d'un an relèveront plutôt d'une activité financière de
l'entreprise. Différents problèmes compliquent le calcul de ce ratio :
1. L'encours des créances commerciales inclut la TVA alors que le chiffre
d'affaires ne l'inclut pas; c'est pourquoi nous additionnons le montant de la
TVA au montant des ventes.
2. Les créances commerciales à un an au plus incluent les acomptes payés aux
fournisseurs. Si ce poste est important, il peut allonger en apparence le délai
moyen de paiement client.
Si les règles d'évaluation sont respectées, l'encours des créances commerciales
ne doit pas contenir de créances irrécouvrables, le montant figurant au bilan
devant être net des valeurs déduites.
Un résultat peu élevé traduit une bonne liquidité. Si les clients paient plus
vite l'entreprise sera en effet plus liquide. Le délai de paiement client sera
utilement comparé avec les données du secteur et avec l'évolution historique de
l'entreprise.
Remarque : il peut s'avérer intéressant de vérifier si le délai moyen de
paiement correspond aux conditions réellement offertes. Le contraire
impliquerait que les conditions de vente ne sont pas respectées. Il peut s'agir
d'un manque de suivi à l'égard des créances échues.
1.8. Délai de paiement fournisseurs
|
Dettes commerciales à 1 an au plus
|
X 365
|
|
Achats marchandises + Biens et Services divers +
TVA sur achats
|
Nous considérons
que les dettes commerciales à plus d'un an doivent être assimilées à des
crédits financiers.
Les dettes commerciales incluent la TVA, c'est pourquoi nous additionnons le
montant de la TVA aux achats.
Un important crédit des fournisseurs signifie :
- soit que les fournisseurs ont confiance dans l'entreprise et accordent des
facilités de paiement
- soit que l'entreprise est en difficultés et n'est pas en mesure de faire face
à ses échéances.
Un faible crédit des fournisseurs signifie :
- soit que les fournisseurs n'ont pas confiance dans l'entreprise
- soit que l'entreprise est en bonne santé financière et paie rapidement
(éventuellement pour bénéficier d'escomptes pour paiement comptant).
De même que pour le délai clients, il s'agirait de vérifier si le délai de
paiement fournisseurs correspond aux délais contractés avec les fournisseurs.
Il convient de remarquer que le crédit Fournisseur peut s'avérer dans certains
cas plus coûteux que de profiter d'un escompte pour paiement comptant.
2. SOLVABILITE
2.1. Degré d'endettement
|
Fonds de tiers
|
|
Fonds propres
|
Par fonds de tiers, on entend la somme des exigibles à court et à long terme.
Non seulement mesure de la protection des créanciers, le degré d'endettement
peut surtout être considéré comme une mesure du risque financier de
l'entreprise. Ce n'est cependant qu'un indicateur partiel du risque financier
étant donné l'influence d'autres déterminants tels les taux d'intérêts et les
échéanciers de remboursement des dettes.
2.2. Part des fonds de tiers dans le
total du passif
|
Fonds de tiers
|
|
Total du passif
|
Ce ratio est le complément du rapport =
|
Fonds propres
|
|
Total du passif
|
Ce rapport montre dans quelle mesure les fonds de tiers interviennent dans le
financement de l'entreprise. Un ratio de 50% signifie que les premiers 50% des
capitaux de l'entreprise peuvent être affectés sans nuire aux créanciers.
2.3. Part des fonds propres dans le
total du passif
|
Fonds propres
|
|
Total du passif
|
Ce rapport montre dans quelle mesure les fonds propres interviennent dans le
financement de l'entreprise. Un ratio de 50% signifie que les premiers 50% des
capitaux de l'entreprise peuvent être affectés sans nuire aux créanciers.
En règle générale, on considère qu'une entreprise est solvable dès lors que ce
ratio est égal ou supérieur à 20%. Un ratio inférieur à 10% est généralement
symptomatique d'une structure dangereusement déséquilibrée. Un ratio inférieur
à 0% signifie que l'entreprise ne dispose plus de fonds propres pouvant être
affectés à la production.
Certaines techniques peuvent modifier artificiellement les fonds propres. Comme
par exemple, le rachat d'actions propres qui nécessite la constitution d'une
réserve pour actions propres...
2.4. Degré d'endettement à long terme
|
Fonds de tiers à LT
|
|
Fonds propres
|
Ce rapport indique
le type de moyens financiers affectés au financement des actifs à long terme
(et à l'exploitation de l'entreprise en cas de surplus).
Il est conseillé de maintenir ce ratio dans la fourchette [1/3; 2/3], bien que
cette proportion soit très différente d'un secteur d'activité à l'autre.
Lorsque la conjoncture s'avère difficile ce ratio excède l'unité en de nombreuses
entreprises.
Un indicateur significatif de difficultés que pourrait rencontrer l'entreprise
est souvent le glissement de l'exigible financier du long terme vers le court
terme. Une telle modification des échéanciers peut en effet signifier que les
banquiers retirent leur confiance à l'entreprise. Il convient toutefois
d'analyser séparément chaque cas, l'origine de bouleversement de structure de
financement pouvant être diverse.
2.5. Fonds de tiers à LT / Capitaux
permanents
|
Fonds de tiers à LT
|
|
Capitaux permanents
|
Ce rapport indique
la part de l'exigible dans les moyens de financement à long terme de
l'entreprise.
Les capitaux permanents correspondent aux moyens de financement long terme de
l'entreprise, à savoir les fonds propres et les dettes long terme.
L'interprétation est toutefois délicate dès lors qu'elle ne reflète pas le
rapport de confiance établi avec les banques.
Le degré d'exigibilité doit également être surveillé. Ainsi, on considère
fréquemment un prêt subordonné comme équivalent à des quasi-fonds propres,
exigibles à une date prédéterminée mais n'ayant pas caractère de dette de
manière aussi contraignant que les autres exigibles financiers à long terme.
Toute variation de ce ratio constitue cependant un indicateur du degré de
volonté d'implication de l'actionnariat dans le mode de financement de
l'entreprise, et, partant, la confiance placée dans le management.
Il n'est pas rare de constater la coïncidence de la modification de la
structure de financement avec un accroissement de l'actif fixe net. En effet,
les phases d'investissement, partiellement autofinancées ou non, sont souvent
prétexte à modification de l'implication de l'actionnariat et/ ou des banques.
2.6. Degré d'autofinancement
|
Réserves + Résultat reporté
|
|
Total du passif
|
Le degré
d'autofinancement est un indicateur cumulé de la rentabilité passée de
l'entreprise et de sa politique de dividende. Une entreprise ancienne, ayant
accumulé des bénéfices dans le passé, offrira une meilleure résistance aux
difficultés financières même si son dynamisme technologique et commercial est
inférieur à celui de l'entreprise fraîchement créée.
2.7. Couverture des charges
financières par le résultat avant impôts
|
Charges financières des fonds des tiers
|
|
Résultats avant charges financières et impôts
|
Le taux de couverture des charges financières des fonds de tiers par le
résultat avant charges financières et après impôts, indique dans quelle mesure
l'entreprise est à même de supporter le poids financier de l'endettement.
Ce ratio ne doit en aucun cas être supérieur à l'unité.
Il peut s'avérer utile de le comparer avec le ratio dynamique charges
financières / chiffre d'affaires pour déterminer le poids des charges de
l'endettement financier.
2.8. Couverture des dettes par le
cash flow avant distribution
Ce ratio de couverture évalue de manière sommaire le potentiel de remboursement
de l'entreprise, en mesurant la part de l'ensemble des dettes qui pourraient
être remboursée par le cash flow opérationnel
simplifié de l'exercice (cash flow opérationnel
simplifié = résultat net de l'exercice + amortissements + réductions de valeur
+ provisions - subsides en capital):
|
Cash flow avant
distribution
|
|
Fonds de tiers
|
La valeur critique
du ratio de couverture est 1. Dans ce cas, le cash flow
opérationnel suffit exactement à satisfaire l'ensemble des obligations
contractuelles (intérêts et remboursements) résultant des fonds de tiers.
2.9. Couverture des dettes à long
terme par le cash flow avant distribution
|
Cash flow avant
distribution
|
|
Fonds de tiers à LT
|
Un taux de
couverture élevé indique que l'entreprise est capable de supporter un
endettement supplémentaire et les remboursements qui en découlent mais aussi
qu'elle dispose d'une marge de sécurité à l'égard d'une détérioration
éventuelle du cash flow.
Un ratio de 20% signifie que l'entreprise mettra 5 années à rembourser
l'ensemble de son exigible long terme si tout le cash flow
des 5 prochains exercices y est affecté, toutes choses étant égales par
ailleurs.
Il s'agit cependant d'une mesure globale de la capacité de remboursement de
l'entreprise qui ne tient pas compte des durées et des échéanciers spécifiques.
En effet des tensions de trésorerie peuvent apparaître à certains moments en
fonction de l'échelonnement précis des remboursements. Le ratio de couverture
des fonds de tiers à long terme doit donc être vu comme une mesure moyenne et à
long terme de la solvabilité de l'entreprise, qui n'exclut pas certains
problèmes ponctuels.
3. RENTABILITE
3.1. Marge brute sur ventes
|
Résultat brut d'exploitation
|
|
Ventes
|
Seul le résultat
d'exploitation peut utilement être rapporté aux ventes, le résultat net de
l'exercice ne provenant pas uniquement des activités d'exploitation de
l'entreprise.
La marge brute sur ventes mesure l'efficacité de l'exploitation courante de
l'entreprise : politique commerciale, politique de personnel, gestion de la
production. Le ratio "résultat d'exploitation brut sur ventes" permet
d'éliminer l'impact de la politique d'amortissement.
Un pourcentage élevé témoigne d'une bonne efficacité commerciale.
3.2. Marge nette sur ventes
|
Résultat net d'exploitation
|
|
Ventes
|
Seul le résultat d'exploitation peut utilement être rapporté aux ventes, le
résultat de l'exercice ne résultant pas uniquement des activités d'exploitation
de l'entreprise. En outre en rapportant le résultat net de l'exercice aux
ventes, on tient compte des charges financières des fonds de tiers, mais non
des charges financières relatives aux fonds propres. Lors de comparaisons
interentreprises, le ratio serait donc influencé par des différences de
structures financières.
Le calcul de la rentabilité nette sur ventes mesure l'efficacité globale de
l'entreprise, en ce compris sa politique à l'égard des charges non décaissées :
amortissements, réductions de valeurs, provisions pour risques et charges.
Plus la marge est élevée, plus l'exploitation est efficace. Toutefois une
augmentation peut également résulter d'une diminution des charges non
décaissées.
L'entreprise peut augmenter la rentabilité de ses actifs d'exploitation en
augmentant sa marge commerciale ou en augmentant la rotation de ses actifs
d'exploitation, améliorant par la même sa productivité.
3.3. Rentabilité brute de l'actif
total
|
Résultat avant amortissements + charges
financières et impôts
|
|
Total de l'actif
|
L'actif étant à la fois financé par les fonds de tiers et les fonds propres, le
ratio de rentabilité de l'actif total sera rapporté au résultat total avant
charges financières et impôts, soit indépendamment du mode de financement de
l'entreprise.
La rentabilité de l'actif total mesure la rentabilité de l'ensemble des
capitaux investis, ce qui, du point de vue de l'investisseur, est nettement
plus important que la rentabilité des ventes.
De manière générale, un résultat élevé prouve un bon rendement du total des
actifs.
3.4. Rentabilité brute des actifs
d'exploitation
|
Résultat d'exploitation
|
|
Actifs d'exploitation
|
Le rapport
résultat d'exploitation / actifs d'exploitation mesure l'efficacité de
l'entreprise à produire et à commercialiser des biens et services. La
rentabilité de l'actif d'exploitation élimine ainsi l'impact du résultat
strictement financier, en ce compris l'influence des investissements purement
financiers.
L'entreprise peut augmenter la rentabilité de ses actifs d'exploitation en
augmentant sa marge commerciale ou en augmentant la rotation de ses actifs
d'exploitation, améliorant par la même sa productivité.
3.5. Rotation des actifs
d'exploitation
|
Ventes et prestations
|
|
Actifs d'exploitation
|
La rotation
exprime le degré d'intensité de l'utilisation des actifs d'exploitation. Plus
la rotation est élevée, plus la productivité de ces actifs est grande.
De manière générale, un résultat élevé prouve un bon rendement des actifs
d'exploitation.
L'entreprise peut améliorer la rentabilité de ses actifs d'exploitation de deux
manières : par l'accroissement de son résultat d'exploitation ou par une
rotation plus forte de ses actifs d'exploitation.
3.6. Rentabilité des fonds propres
|
Résultat net de l'exercice
|
|
Fonds propres
|
Du point de vue de l'actionnaire, la rentabilité des fonds propres est plus
importante que la rentabilité de l'actif total, car elle constitue la mesure
finale de la rentabilité de sa "mise", après déduction des charges
financières des fonds de tiers.
De manière générale, un ratio élevé témoigne d'une bonne rentabilité.
Il faut cependant rester prudent car un haut rendement peut également signifier
une relative faiblesse des fonds propres.
4. VALEUR AJOUTEE
4.1. Valeur ajoutée affectée au personnel
|
Charges salariales et sociales
|
|
Valeur ajoutée
|
La valeur ajoutée
est ici définie comme étant le total des ventes et prestations déduction faite
des approvisionnements et marchandises et des biens et services divers.
Ce ratio permet d'apprécier la productivité de l'entreprise : il indique
combien de valeur ajoutée a été créée par rapport aux charges sociales
afférentes à la production.
Plus le pourcentage diminue, plus la production de la valeur ajoutée est
efficace. Ce ratio dépend largement du type d'activité.
Si un dérapage est enregistré, il sera utile d'analyser le lien entre la valeur
ajoutée et la valeur de la production, le capital investi et le personnel
employé.
4.2. Valeur ajoutée brute aux
amortissements, réductions de valeur et provisions
|
Amortissements, réductions de valeur et dotations
aux provisions
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Valeur ajoutée
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4.3. Valeur ajoutée brute affectée
aux charges fiscales
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Charges fiscales
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Valeur ajoutée
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4.4. Valeur ajoutée brute par
personne occupée
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Valeur ajoutée
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Nombre de personnes occupées
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Ce ratio est la
mesure la plus fréquemment utilisée pour établir la productivité au sein de
l'entreprise. C'est un ratio de performance, mais aussi d'efficacité et de
rentabilité brute. Une valeur ajoutée maximale et un nombre d'employés minimal
offriront la meilleure efficacité.
La valeur ajoutée par personne occupée est cependant une notion évolutive (à
comparer sur plusieurs exercices), le ratio pris indépendamment étant peu
significatif.
4.5. Taux de valeur ajoutée
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Valeur ajoutée
|
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Total des ventes et prestations - subsides
d'exploitation
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La valeur de la
production correspond au total des ventes et prestations déduction faite des
subsides d'exploitation et montants compensatoires (|740|).
Attention : contrairement à ce qui est parfois affirmé, le taux de
valeur ajoutée ne constitue pas un indicateur d'efficacité. Sa comparaison avec
le taux sectoriel peut toutefois s'avérer utile dans l'analyse stratégique.
Analyser un bilan et utiliser les ratios
22 février 2008, par jackson
Dans le cadre de mon travail de fin d’étude, j’ai un petit soucis au niveau du calcul du taux d’investissement (ratio de valeur ajoutée)..Le numérateur de ce ratio est composé de trois postes de l’annexe (plus-values : acquises de tiers ; amortissements : acquis de tiers et d’un troisième que j’aimerai savoir)...Besoin d’une aide Merci
> Analyser un bilan et utiliser les ratios
26 janvier 2005, par maria
je cherche un exemple pour le calcul d’une perte fiscale à récupérer d’une société absorbée : pouvez vous m’aider à calculer l’actif net fiscale. merci maria
> DOUTES SUR L`ACTIF TOTAL
22 juillet 2004, par Beatriz
Bonjour : Je suis une etudiante Erasmus et j`etudie en Belgique une matiere de comptabilite. J`ai des problemes pour calculer l`actif total (pour le ratio de rentabilite economique o de l`actif total), puisque j`ai un libre de notes du cours sur cette matiere avec une definition base sur exemples incomplets, sans toutes les rubriques du bilan. Ça serait tres utile pour moi si quelqu`un pourrait me l`expliquer. Merci beacoup
> Analyser un bilan et utiliser les ratios
7 juin 2004, par Yves
Bonjour, Je trouve votre site très intéressant. C’est une source d’information fort variée. Je voudrais cependant vous demander pourquoi il n’est pas possible de faire un "Copier-Coller" de vos textes. En effet, afin de parfaire mes connaissances personnelles dans certains domaines, il m’arrive fréquemment de reprendre (en totalité ou en partie) des informations trouvées sur le net et de les sauver dans un fichier Word. Or sur votre site, lorsque je prélève certaines infos et que je tente de les faire basculer sur Word, cela ne fonctionne pas. Pourriez-vous me dire si le problème se situe chez vous ou chez moi ? Un grand merci
> Analyser un bilan et utiliser les ratios
31 mars 2005, par Jamel
Il suffit de sélectionner la partie du texte sur le site, d’ouvrir WORD, et enfin de cliquer sur Edition/Collage Spécial/Texte Sans Mise en Forme.
> Analyser un bilan et utiliser les ratios
27 février 2004
Bonjour et merci de donner accès libre à ce genre d’informations utiles et indispensables. Cependant, il manque des informations (ex. : le détai du fonds de roulement, ...)
Pourriez-vous faire le nécessaire, car ce serait dommage de ne pas pouvoir se servir d’une telle ressource informative MAIS incomplète.
Meilleures salutations.
> Analyser un bilan et utiliser les ratios
27 février 2004, par La rédaction
Le forum sous chaque article sert justement à recueillir l’expérience des visiteurs pour en faire profiter les autres. S’il manque des informations (et il en manque !), n’hésitez pas à les développer ici. Merci.
> Analyser un bilan et utiliser les ratios
27 février 2004
Je vous faisais aimablement remarquer que ormis la qualité de l’article, celui-ci n’est pas rédigé correctement, l’auteur a omis de compléter certaines lignes (fonds de roulement = ..... ET ......) il manque le détail de certaines notions que l’auteur développe. Salutations et merci de faire le nécessaire.
> Analyser un bilan et utiliser les ratios
27 février 2004, par La rédaction
Voilà, les passages qui ont disparu lors de la conversion du fichier en html ont été rétablis. Le coupable sera sévèrement châtié. Merci de votre intervention.
> Analyser un bilan et utiliser les ratios
8 octobre 2004
SCHEMA FINANCIER DU COMPTE DE RESULTATS
les comptes 61 62 63 qui suivent la valeur ajoutée ne sont pas corrects, à remplacer, respectivement, par 62 63 64.
REM : Et la variation de stocks "71" ??? Les autres comptes du 63 réduction de valeur etc...
Merci pour ce chapitre. Salutations.
> Analyser un bilan et utiliser les ratios
22 mai 2007
Depuis 2004, plus de reponse. Gratuit mais pas toujours fiable !!!! Merci