Droit Fiscalité belge

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Analyser un bilan et utiliser les ratios

La comptabilité est un outil de gestion
lundi 21 octobre 2002. Un article de Jean-Marie RUIDANT
Comment évaluer une entreprise en manipulant les données comptables au travers des ratios d’analyse comptable.

Préambule

Il n'est pas indispensable de connaître toute la comptabilité pour savoir lire un bilan, comprendre et établir des tableaux de bord, c'est-à-dire pour être en mesure d'apprécier ou de juger la situation financière d'une entreprise.

L'utilisation des ratios comme outil d'analyse peut se révéler suffisant pour se faire une première idée de la situation d'une entreprise.

Qui peut être intéressé par l'analyse du bilan et les tableaux de bord ?

a) Le chef d'entreprise lui-même ou sa direction comptable et financière.

b) Le banquier de l'entreprise.

c) D'autres personnes devraient s'intéresser aux documents financiers de l'entreprise, et notamment :

- les actionnaires, les apporteurs ou prêteurs de fonds,
- les clients et les fournisseurs importants,
- les employés et les cadres.

L'analyse et les ratios

L'analyse des comptes annuels doit permettre de déterminer correctement les besoins et les moyens financiers de l'entreprise.

Une des méthodes traditionnelles d'analyse financière est celle des ratios. L'étude de la variation des ratios est un moyen d'apprécier la situation et la gestion de l'entreprise. Elle est attachée à l'analyse globale du risque.

Mais les ratios ne sont que des indicateurs, il conviendra, dès lors, de rechercher la cause de leur variation pour tenter d'améliorer la gestion. En effet, l'analyse par les ratios n'offre pas de formule miracle qui permettrait à l'analyste de distinguer tous les aspects du risque. Il devra surveiller les valeurs absolues de certains paramètres financiers. Par exemple, la structure financière d'une société peut être équilibrée alors que la garantie que constituent les fonds propres, le fonds de roulement ou les résultats se révèlent insuffisants par rapport à un crédit sollicité.

Enfin, avant de commencer l'analyse des ratios, il convient de se demander si les comptes annuels donnent une image correcte de la situation de l'entreprise, afin d'avoir la conviction que tel actif ou passif n'est pas sur ou sous-évalué. On introduira les adaptations éventuelles en observant les influences qu'elles peuvent entraîner sur certains ratios.

Nous analyserons successivement :

I. La trésorerie
II. Le tableau de financement
II. Les ratios financiers

SCHEMA FINANCIER DU COMPTE DE RESULTATS

70

CHIFFRE D'AFFAIRES

74

+ AUTRES PRODUITS EXPLOITATION

TOTAL PRODUITS

60

- ACHATS

MARGE BRUTE

61

- SERVICES & BIENS DIVERS

VALEUR AJOUTEE

61

- FRAIS PERSONNEL

62

- AMORTISSEMENTS

63

- AUTRES CHARGES EXPLOITATION

RESULTAT D'EXPLOITATION

75-65

+/- RESULTAT FINANCIER

RESULTAT COURANT

76-66

+/- RESULTAT EXTRAORDINAIRE

RESULTAT AVANT IMPOTS

77-67

+/- IMPOTS

RESULTAT NET

I. ANALYSE DE TRESORERIE

a) Fonds de roulement net

Le fonds de roulement net (FRN) est la différence entre les capitaux permanents et les actifs immobilisés, soit la différence entre :

<Fonds Propres + Provisions et Impôts Différés + Dettes à long terme + Dettes LT échéant dans l'année>

ET

<Frais d'établissement + Immobilisés Incorporels + Immobilisés Corporels + Immobilisés Financiers >


Généralement:

- un fonds de roulement net positif signifie que des capitaux permanents sont disponibles pour financer les besoins d'exploitation,

- un fonds de roulement négatif indique que des actifs à long terme doivent être financés par du court terme. Dans ce cas, il y a insuffisance de financement des immobilisés par les capitaux à long terme.

b) Besoin de financement à court terme

Le besoin de financement à court terme, également appelé besoin en fonds de roulement, est la différence entre actifs et passifs circulants d'exploitation, soit :

< Stocks+ Créances Commerciales + Autres Créances + Régularisation d'actif>

ET

<Dettes Commerciales + Acomptes sur Commandes + Dettes Fiscales, Salariales et Sociales+ Autres Dettes + Régularisation du Passif>



Le besoin de financement à court terme correspond à la quantité de fonds devant être financée. Ce besoin de financement résulte du cycle d'exploitation de l'entreprise et est lié au décalage entre les recettes et les dépenses pour réaliser son activité.

Ce besoin de financement est déterminé par les éléments de l'exploitation de l'entreprise, à savoir le cycle de production, la rotation des stocks, les délais de paiement fournisseurs et clients.

c) Trésorerie

La trésorerie au sens large est ici la différence entre :

 
< Placements de Trésorerie + Valeurs Disponibles >

ET

<Dettes Financières à Court Terme>


Une trésorerie négative indique que l'entreprise doit s'endetter à court terme pour financer son exploitation, ce qui la rend vulnérable. Cette situation ne devient réellement dangereuse que lorsque le crédit bancaire est ébranlé. Les taux d'intérêts à court terme sont plus volatiles que les taux à long terme. L'incertitude quant aux charges financières à supporter s'en trouve donc accrue.

Le Fonds de Roulement Net = Besoin de Financement à court terme + Trésorerie

Il est important que le fonds de roulement net soit positif.

Ce n'est toutefois pas une condition suffisante d'équilibre financier. Le fonds de roulement net doit également être supérieur au besoin de financement à court terme, engendrant ainsi une trésorerie positive. Si ce n'est pas le cas, l'entreprise devra avoir recours au crédit bancaire à court terme pour financer l'exploitation (crédit de caisse).

Notons que si une trésorerie positive constitue une structure financière confortable, une trésorerie trop positive pourrait se traduire par une carence d'emplois plus rentables.

II. TABLEAU DE FINANCEMENT

a) Analyse par cash flow

Les analyses financières classiques offrent l'inconvénient de ne représenter qu'un cliché ponctuel dans la vie de l'entreprise. Si en outre, ce moment correspond à la clôture, il peut arriver que les réalités économiques et bilantaires divergent.

L'analyse par cash flow corrige ce biais en s'intéressant aux flux réels de liquidité générés au sein de l'entreprise durant l'exercice.

b) Notion de cash flow

Le terme cash flow signifie : flux de liquidité. Diverses activités génèrent du cash flow au sein de l'entreprise. Nous les regroupons en activités opérationnelles, activités d'investissement et activités financières.

Le cash flow, pris au sens large, permet d'évaluer la capacité d'autofinancement d'une entreprise, et indique quels moyens financiers ont été générés par les diverses activités pour une certaine période.

Plus l'entreprise génère de cash flow, plus elle dispose de moyens liquides qu'elle peut affecter soit à sa politique d'investissement, soit au respect de ses engagements.

c) Cash flow opérationnel

Pour obtenir les réels mouvements de fonds résultant de l'activité commerciale et financière de l'entreprise, deux corrections sur les charges non décaissées doivent être apportées :

1) Ajouter au résultat de l'exercice, les amortissements, réductions de valeur et dotations à provisions de l'exercice. On obtient ainsi la définition classique de la marge brute d'autofinancement (MBA) également appelée cash flow d'exploitation.

2) Corriger via la variation du besoin de financement à court terme en ne prenant en considération que les montants encaissés et décaissés. Ainsi par exemple une augmentation du poste des créances d'un exercice à l'autre ne signifie pas une entrée de liquidité et doit donc être retiré du calcul du cash flow. On obtient alors le cash flow résultant des activités opérationnelles.

d) Cash flow de la politique d'investissement

Ce cash flow correspond au total des encaissements et décaissements réalisés sur les immobilisés, à savoir : les frais d'établissement, les immobilisations incorporelles, les immobilisations corporelles et les immobilisations financières.

Par exemple, une vente d'immeuble génèrera un cash inflow d'investissement.

Les amortissements, réductions de valeurs ou provisions portant sur ces rubriques ne sont pas prises en considération dans la politique d'investissement, ces décisions relevant plutôt de la gestion opérationnelle de l'entreprise.

Les investissements constituent une donnée importante puisqu'ils contribuent à l'augmentation de valeur d'une entreprise. A cet égard, une comparaison historique est intéressante. En outre, ils prouvent la confiance des actionnaires et de la direction dans l'entreprise.

e) Autres cash flows

La distribution de résultat de l'exercice ou des exercices antérieurs, sous quelque forme que ce soit, génère une sortie de liquidités affectant le solde financier réel de fin d'exercice. Ne relevant ni de la politique d'investissement, ni de l'activité opérationnelle, ces cash outflows sont repris sous une rubrique séparée.

f) Solde financier en fin d'année

Si le total des cash flow opérationnel et d'investissement est positif, le solde financier de l'exercice permettra donc à l'entreprise soit d'assainir son bilan en effectuant des remboursements de dettes à court ou à long terme, soit de thésauriser en placements de trésorerie ou en disponible. Cette situation est clairement optimale.

Si le solde financier est négatif, cela signifie que l'entreprise a été contrainte de le couvrir pendant l'exercice, via endettement, augmentation de fonds propres et/ou en puisant dans les placements de trésorerie et/ou le disponible. Cette situation se produira notamment en période d'investissement.

g) Couverture du solde financier en fin d'année

Un solde financier négatif doit être couvert. Au cours de l'exercice, soit l'entreprise a utilisé ses ressources existantes (disponibles et placements de trésorerie), soit elle à fait appel à des ressources nouvelles (capital et/ ou endettement à court ou long terme). Si une telle situation se présente fréquemment (notamment en période d'investissements), il n'est cependant pas souhaitable de la prolonger sur plusieurs exercices.

Un solde financier positif après distribution permet à l'entreprise de dégager des liquidités pouvant concourir soit au désendettement soit à une thésaurisation des moyens ainsi libérés.

III. PRINCIPAUX RATIOS FINANCIERS

Les ratios établis ci-après constituent un tableau de bord économique et financier. Les ratios sont à examiner sur plusieurs exercices. Toute variation significative de l'un d'entre eux devra pouvoir être justifiée.

a) Liquidité

La liquidité concerne la capacité de l'entreprise de faire face à ses engagements à court terme. Cet aspect est particulièrement important pour les créanciers à court terme, en premier lieu les fournisseurs et les établissements de crédit, mais aussi le fisc et l'ONSS. En Belgique, la législation relative aux faillites se réfère fortement à la position des liquidités.

1.1. Fonds de roulement net
1.2. Liquidité générale
1.3. Liquidité au sens strict
1.4. Couverture des immobilisations par les capitaux permanents
1.5. Liquidité immédiate
1.6. Rotation des stocks et commandes en cours
1.7. Délai moyen de paiement clients
1.8. Délai moyen de paiement fournisseurs

b) Solvabilité

La solvabilité concerne la capacité de l'entreprise à faire face à l'ensemble de ses engagements financiers : remboursement des dettes aux échéances prévues et paiement régulier des intérêts. Deux aspects sont importants : l'amortissement de la somme principale et le paiement des intérêts. Cet aspect est également fondamental puisque le déséquilibre du crédit constitue une condition de faillite.

2.1. Degré d'endettement
2.2. Fonds de tiers / Passif total
2.3. Fonds Propres / Passif total
2.4. Degré d'endettement à long terme
2.5. Fonds de tiers à long terme / capitaux permanents
2.6. Degré d'autofinancement
2.7. Couv. des charges financières par résultat avant impôt
2.8. Couverture des fonds de tiers par le cash flow
2.9. Couverture des fonds de tiers à long terme par le cash flow

c) Rentabilité

Si les produits d'un exercice sont supérieurs aux charges, l'entreprise fait du bénéfice. Autrement il y a perte. Le résultat constitue donc un élément central dans l'analyse de la rentabilité, qui mesure en fait la viabilité à long terme de l'entreprise.

3.1. Marges brutes sur ventes
3.2. Marges nettes sur ventes
3.3. Rentabilité brute de l'actif total
3.4. Rentabilité brute des actifs d'exploitation
3.5. Rotation des actifs d'exploitation
3.6. Rentabilité des fonds propres

d) Valeur ajoutée

L'analyse de la valeur ajoutée est une notion économique qui complète les ratios précédents. Contribuant à l'estimation de la productivité, la valeur ajoutée est principalement un outil de mesure de la création globale de richesse de l'entreprise.

4.1. Valeur ajoutée affectée au personnel
4.2. Valeur ajoutée affectée aux amortissements, réductions de valeur et provisions
4.3. Valeur ajoutée affectée aux charges fiscales
4.4. Valeur ajoutée par personne occupée
4.5. Taux de valeur ajoutée

1. LIQUIDITE

1.1. Fonds de roulement net

Voir ci-dessus "ANALYSE DE TRÉSORERIE".

1.2. Liquidité générale

Stocks + Créances CT + Placements trésorerie + Disponible

Exigible à CT


En théorie, si les actifs circulants couvrent exactement les fonds de tiers à court terme, le ratio de liquidité générale est égal à 1. Bien que l'analyse doive être affinée selon le secteur d'exploitation, on considère généralement que ce ratio doit être supérieur à l'unité car la réalisation des actifs circulants suffira à honorer les dettes circulantes.

Une valeur très élevée du ratio de liquidité au sens large n'est cependant pas nécessairement avantageuse car elle pourrait signifier ici que l'entreprise surinvestit en actifs circulants.

1.3. Liquidité au sens strict

Créances CT + Placements de trésorerie + Disponible + Régularisation

Exigibles CT



Afin d'éliminer les éléments les moins liquides, à savoir les stocks et les commandes en cours d'exécution, ainsi que les comptes de régularisation, on calcule le ratio de liquidité au sens strict. Une augmentation de la part des stocks dans les actifs circulants entraîne une diminution de la liquidité, puisque les stocks permettent moins facilement de répondre à des dettes que par exemple des moyens liquides et des placements de trésorerie.

Idéalement le ratio de liquidité au sens strict est supérieur à l'unité. Ce ratio est parfois utilisé par les fournisseurs de crédit pour accepter ou rejeter une commande.

1.4. Couverture des immobilisés par les capitaux permanents

Le ratio de couverture des immobilisations par les capitaux permanents est la reformulation en termes relatifs du fonds de roulement net :

Capitaux Permanents

Actifs immobilisés

De même que le fonds de roulement net doit être positif, ce ratio doit être supérieur à l'unité. Un rapport négatif indique une insuffisance de capitaux à long terme en regard des immobilisés. Des actifs à long terme doivent alors être financés par du court terme.

1.5. Liquidité immédiate

Valeurs disponibles

Actifs circulants



Les actifs circulants correspondent pour ce ratio à l'addition des stocks et du réalisable.
Ce ratio permet d'établir la capacité à faire face aux besoins de trésorerie immédiats. Il est toutefois sujet à de fortes fluctuations journalières.

1.6. Rotation des stocks et commandes en cours

La rotation des stocks indique combien de fois en moyenne, les stocks ont été vendus durant l'exercice.

Prix de revient des ventes

X 365

Stocks et commandes en cours

En règle générale, une rotation des stocks élevée signifie que les stocks ne traînent pas, ce qui résulte d'une politique commerciale dynamique, couplée à une gestion des stocks efficace.

Il faut cependant se garder de toute simplification abusive. En effet, un ratio de rotation élevé peut s'avérer la conséquence d'un niveau insuffisant de stocks, causant des ruptures de stocks et nécessitant des commandes fréquentes.

La rotation des stocks peut être décomposée selon les catégories d'approvisionnement. On calculera séparément la rotation des stocks de biens acquis (approvisionnements et marchandises), de la rotation des stocks de fabrication (en cours de fabrication et produits finis).

1.7. Délai de paiement client

Créances commerciales

X 365

Ventes + TVA sur ventes


Les créances commerciales à un an au plus ne sont liquides que dans la mesure où elles peuvent être encaissées dans un délai raisonnable. Par hypothèse les créances à plus d'un an relèveront plutôt d'une activité financière de l'entreprise. Différents problèmes compliquent le calcul de ce ratio :

1. L'encours des créances commerciales inclut la TVA alors que le chiffre d'affaires ne l'inclut pas; c'est pourquoi nous additionnons le montant de la TVA au montant des ventes.

2. Les créances commerciales à un an au plus incluent les acomptes payés aux fournisseurs. Si ce poste est important, il peut allonger en apparence le délai moyen de paiement client.

Si les règles d'évaluation sont respectées, l'encours des créances commerciales ne doit pas contenir de créances irrécouvrables, le montant figurant au bilan devant être net des valeurs déduites.

Un résultat peu élevé traduit une bonne liquidité. Si les clients paient plus vite l'entreprise sera en effet plus liquide. Le délai de paiement client sera utilement comparé avec les données du secteur et avec l'évolution historique de l'entreprise.

Remarque : il peut s'avérer intéressant de vérifier si le délai moyen de paiement correspond aux conditions réellement offertes. Le contraire impliquerait que les conditions de vente ne sont pas respectées. Il peut s'agir d'un manque de suivi à l'égard des créances échues.

1.8. Délai de paiement fournisseurs

Dettes commerciales à 1 an au plus

X 365

Achats marchandises + Biens et Services divers + TVA sur achats

Nous considérons que les dettes commerciales à plus d'un an doivent être assimilées à des crédits financiers.

Les dettes commerciales incluent la TVA, c'est pourquoi nous additionnons le montant de la TVA aux achats.

Un important crédit des fournisseurs signifie :

- soit que les fournisseurs ont confiance dans l'entreprise et accordent des facilités de paiement
- soit que l'entreprise est en difficultés et n'est pas en mesure de faire face à ses échéances.

Un faible crédit des fournisseurs signifie :

- soit que les fournisseurs n'ont pas confiance dans l'entreprise
- soit que l'entreprise est en bonne santé financière et paie rapidement (éventuellement pour bénéficier d'escomptes pour paiement comptant).

De même que pour le délai clients, il s'agirait de vérifier si le délai de paiement fournisseurs correspond aux délais contractés avec les fournisseurs.

Il convient de remarquer que le crédit Fournisseur peut s'avérer dans certains cas plus coûteux que de profiter d'un escompte pour paiement comptant.

2. SOLVABILITE

2.1. Degré d'endettement

Fonds de tiers

Fonds propres


Par fonds de tiers, on entend la somme des exigibles à court et à long terme.

Non seulement mesure de la protection des créanciers, le degré d'endettement peut surtout être considéré comme une mesure du risque financier de l'entreprise. Ce n'est cependant qu'un indicateur partiel du risque financier étant donné l'influence d'autres déterminants tels les taux d'intérêts et les échéanciers de remboursement des dettes.

2.2. Part des fonds de tiers dans le total du passif

Fonds de tiers

Total du passif


Ce ratio est le complément du rapport =

Fonds propres

Total du passif


Ce rapport montre dans quelle mesure les fonds de tiers interviennent dans le financement de l'entreprise. Un ratio de 50% signifie que les premiers 50% des capitaux de l'entreprise peuvent être affectés sans nuire aux créanciers.

2.3. Part des fonds propres dans le total du passif

Fonds propres

Total du passif



Ce rapport montre dans quelle mesure les fonds propres interviennent dans le financement de l'entreprise. Un ratio de 50% signifie que les premiers 50% des capitaux de l'entreprise peuvent être affectés sans nuire aux créanciers.

En règle générale, on considère qu'une entreprise est solvable dès lors que ce ratio est égal ou supérieur à 20%. Un ratio inférieur à 10% est généralement symptomatique d'une structure dangereusement déséquilibrée. Un ratio inférieur à 0% signifie que l'entreprise ne dispose plus de fonds propres pouvant être affectés à la production.

Certaines techniques peuvent modifier artificiellement les fonds propres. Comme par exemple, le rachat d'actions propres qui nécessite la constitution d'une réserve pour actions propres...

2.4. Degré d'endettement à long terme

Fonds de tiers à LT

Fonds propres

Ce rapport indique le type de moyens financiers affectés au financement des actifs à long terme (et à l'exploitation de l'entreprise en cas de surplus).

Il est conseillé de maintenir ce ratio dans la fourchette [1/3; 2/3], bien que cette proportion soit très différente d'un secteur d'activité à l'autre.

Lorsque la conjoncture s'avère difficile ce ratio excède l'unité en de nombreuses entreprises.

Un indicateur significatif de difficultés que pourrait rencontrer l'entreprise est souvent le glissement de l'exigible financier du long terme vers le court terme. Une telle modification des échéanciers peut en effet signifier que les banquiers retirent leur confiance à l'entreprise. Il convient toutefois d'analyser séparément chaque cas, l'origine de bouleversement de structure de financement pouvant être diverse.

2.5. Fonds de tiers à LT / Capitaux permanents

Fonds de tiers à LT

Capitaux permanents

Ce rapport indique la part de l'exigible dans les moyens de financement à long terme de l'entreprise.

Les capitaux permanents correspondent aux moyens de financement long terme de l'entreprise, à savoir les fonds propres et les dettes long terme.

L'interprétation est toutefois délicate dès lors qu'elle ne reflète pas le rapport de confiance établi avec les banques.

Le degré d'exigibilité doit également être surveillé. Ainsi, on considère fréquemment un prêt subordonné comme équivalent à des quasi-fonds propres, exigibles à une date prédéterminée mais n'ayant pas caractère de dette de manière aussi contraignant que les autres exigibles financiers à long terme.

Toute variation de ce ratio constitue cependant un indicateur du degré de volonté d'implication de l'actionnariat dans le mode de financement de l'entreprise, et, partant, la confiance placée dans le management.

Il n'est pas rare de constater la coïncidence de la modification de la structure de financement avec un accroissement de l'actif fixe net. En effet, les phases d'investissement, partiellement autofinancées ou non, sont souvent prétexte à modification de l'implication de l'actionnariat et/ ou des banques.

2.6. Degré d'autofinancement

Réserves + Résultat reporté

Total du passif

Le degré d'autofinancement est un indicateur cumulé de la rentabilité passée de l'entreprise et de sa politique de dividende. Une entreprise ancienne, ayant accumulé des bénéfices dans le passé, offrira une meilleure résistance aux difficultés financières même si son dynamisme technologique et commercial est inférieur à celui de l'entreprise fraîchement créée.

2.7. Couverture des charges financières par le résultat avant impôts

Charges financières des fonds des tiers

Résultats avant charges financières et impôts


Le taux de couverture des charges financières des fonds de tiers par le résultat avant charges financières et après impôts, indique dans quelle mesure l'entreprise est à même de supporter le poids financier de l'endettement.

Ce ratio ne doit en aucun cas être supérieur à l'unité.

Il peut s'avérer utile de le comparer avec le ratio dynamique charges financières / chiffre d'affaires pour déterminer le poids des charges de l'endettement financier.

2.8. Couverture des dettes par le cash flow avant distribution

Ce ratio de couverture évalue de manière sommaire le potentiel de remboursement de l'entreprise, en mesurant la part de l'ensemble des dettes qui pourraient être remboursée par le cash flow opérationnel simplifié de l'exercice (cash flow opérationnel simplifié = résultat net de l'exercice + amortissements + réductions de valeur + provisions - subsides en capital):

Cash flow avant distribution

Fonds de tiers

La valeur critique du ratio de couverture est 1. Dans ce cas, le cash flow opérationnel suffit exactement à satisfaire l'ensemble des obligations contractuelles (intérêts et remboursements) résultant des fonds de tiers.

2.9. Couverture des dettes à long terme par le cash flow avant distribution

Cash flow avant distribution

Fonds de tiers à LT

Un taux de couverture élevé indique que l'entreprise est capable de supporter un endettement supplémentaire et les remboursements qui en découlent mais aussi qu'elle dispose d'une marge de sécurité à l'égard d'une détérioration éventuelle du cash flow.

Un ratio de 20% signifie que l'entreprise mettra 5 années à rembourser l'ensemble de son exigible long terme si tout le cash flow des 5 prochains exercices y est affecté, toutes choses étant égales par ailleurs.

Il s'agit cependant d'une mesure globale de la capacité de remboursement de l'entreprise qui ne tient pas compte des durées et des échéanciers spécifiques. En effet des tensions de trésorerie peuvent apparaître à certains moments en fonction de l'échelonnement précis des remboursements. Le ratio de couverture des fonds de tiers à long terme doit donc être vu comme une mesure moyenne et à long terme de la solvabilité de l'entreprise, qui n'exclut pas certains problèmes ponctuels.

3. RENTABILITE

3.1. Marge brute sur ventes

Résultat brut d'exploitation

Ventes

Seul le résultat d'exploitation peut utilement être rapporté aux ventes, le résultat net de l'exercice ne provenant pas uniquement des activités d'exploitation de l'entreprise.

La marge brute sur ventes mesure l'efficacité de l'exploitation courante de l'entreprise : politique commerciale, politique de personnel, gestion de la production. Le ratio "résultat d'exploitation brut sur ventes" permet d'éliminer l'impact de la politique d'amortissement.

Un pourcentage élevé témoigne d'une bonne efficacité commerciale.

3.2. Marge nette sur ventes

Résultat net d'exploitation

Ventes


Seul le résultat d'exploitation peut utilement être rapporté aux ventes, le résultat de l'exercice ne résultant pas uniquement des activités d'exploitation de l'entreprise. En outre en rapportant le résultat net de l'exercice aux ventes, on tient compte des charges financières des fonds de tiers, mais non des charges financières relatives aux fonds propres. Lors de comparaisons interentreprises, le ratio serait donc influencé par des différences de structures financières.

Le calcul de la rentabilité nette sur ventes mesure l'efficacité globale de l'entreprise, en ce compris sa politique à l'égard des charges non décaissées : amortissements, réductions de valeurs, provisions pour risques et charges.

Plus la marge est élevée, plus l'exploitation est efficace. Toutefois une augmentation peut également résulter d'une diminution des charges non décaissées.

L'entreprise peut augmenter la rentabilité de ses actifs d'exploitation en augmentant sa marge commerciale ou en augmentant la rotation de ses actifs d'exploitation, améliorant par la même sa productivité.

3.3. Rentabilité brute de l'actif total

Résultat avant amortissements + charges financières et impôts

Total de l'actif


L'actif étant à la fois financé par les fonds de tiers et les fonds propres, le ratio de rentabilité de l'actif total sera rapporté au résultat total avant charges financières et impôts, soit indépendamment du mode de financement de l'entreprise.

La rentabilité de l'actif total mesure la rentabilité de l'ensemble des capitaux investis, ce qui, du point de vue de l'investisseur, est nettement plus important que la rentabilité des ventes.

De manière générale, un résultat élevé prouve un bon rendement du total des actifs.

3.4. Rentabilité brute des actifs d'exploitation

Résultat d'exploitation

Actifs d'exploitation

Le rapport résultat d'exploitation / actifs d'exploitation mesure l'efficacité de l'entreprise à produire et à commercialiser des biens et services. La rentabilité de l'actif d'exploitation élimine ainsi l'impact du résultat strictement financier, en ce compris l'influence des investissements purement financiers.

L'entreprise peut augmenter la rentabilité de ses actifs d'exploitation en augmentant sa marge commerciale ou en augmentant la rotation de ses actifs d'exploitation, améliorant par la même sa productivité.

3.5. Rotation des actifs d'exploitation

Ventes et prestations

Actifs d'exploitation

La rotation exprime le degré d'intensité de l'utilisation des actifs d'exploitation. Plus la rotation est élevée, plus la productivité de ces actifs est grande.

De manière générale, un résultat élevé prouve un bon rendement des actifs d'exploitation.

L'entreprise peut améliorer la rentabilité de ses actifs d'exploitation de deux manières : par l'accroissement de son résultat d'exploitation ou par une rotation plus forte de ses actifs d'exploitation.

3.6. Rentabilité des fonds propres

Résultat net de l'exercice

Fonds propres



Du point de vue de l'actionnaire, la rentabilité des fonds propres est plus importante que la rentabilité de l'actif total, car elle constitue la mesure finale de la rentabilité de sa "mise", après déduction des charges financières des fonds de tiers.

De manière générale, un ratio élevé témoigne d'une bonne rentabilité.

Il faut cependant rester prudent car un haut rendement peut également signifier une relative faiblesse des fonds propres.

4. VALEUR AJOUTEE

4.1. Valeur ajoutée affectée au personnel

Charges salariales et sociales

Valeur ajoutée

La valeur ajoutée est ici définie comme étant le total des ventes et prestations déduction faite des approvisionnements et marchandises et des biens et services divers.

Ce ratio permet d'apprécier la productivité de l'entreprise : il indique combien de valeur ajoutée a été créée par rapport aux charges sociales afférentes à la production.

Plus le pourcentage diminue, plus la production de la valeur ajoutée est efficace. Ce ratio dépend largement du type d'activité.

Si un dérapage est enregistré, il sera utile d'analyser le lien entre la valeur ajoutée et la valeur de la production, le capital investi et le personnel employé.

4.2. Valeur ajoutée brute aux amortissements, réductions de valeur et provisions

Amortissements, réductions de valeur et dotations aux provisions

Valeur ajoutée


4.3. Valeur ajoutée brute affectée aux charges fiscales

Charges fiscales

Valeur ajoutée


4.4. Valeur ajoutée brute par personne occupée

Valeur ajoutée

Nombre de personnes occupées

Ce ratio est la mesure la plus fréquemment utilisée pour établir la productivité au sein de l'entreprise. C'est un ratio de performance, mais aussi d'efficacité et de rentabilité brute. Une valeur ajoutée maximale et un nombre d'employés minimal offriront la meilleure efficacité.

La valeur ajoutée par personne occupée est cependant une notion évolutive (à comparer sur plusieurs exercices), le ratio pris indépendamment étant peu significatif.

4.5. Taux de valeur ajoutée

Valeur ajoutée

Total des ventes et prestations - subsides d'exploitation

La valeur de la production correspond au total des ventes et prestations déduction faite des subsides d'exploitation et montants compensatoires (|740|).

Attention : contrairement à ce qui est parfois affirmé, le taux de valeur ajoutée ne constitue pas un indicateur d'efficacité. Sa comparaison avec le taux sectoriel peut toutefois s'avérer utile dans l'analyse stratégique.

Un article de  Jean-Marie RUIDANT
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Analyser un bilan et utiliser les ratios

22 février 2008, par jackson

Dans le cadre de mon travail de fin d’étude, j’ai un petit soucis au niveau du calcul du taux d’investissement (ratio de valeur ajoutée)..Le numérateur de ce ratio est composé de trois postes de l’annexe (plus-values : acquises de tiers ; amortissements : acquis de tiers et d’un troisième que j’aimerai savoir)...Besoin d’une aide Merci

> Analyser un bilan et utiliser les ratios

26 janvier 2005, par maria

je cherche un exemple pour le calcul d’une perte fiscale à récupérer d’une société absorbée : pouvez vous m’aider à calculer l’actif net fiscale. merci maria

> DOUTES SUR L`ACTIF TOTAL

22 juillet 2004, par Beatriz

Bonjour : Je suis une etudiante Erasmus et j`etudie en Belgique une matiere de comptabilite. J`ai des problemes pour calculer l`actif total (pour le ratio de rentabilite economique o de l`actif total), puisque j`ai un libre de notes du cours sur cette matiere avec une definition base sur exemples incomplets, sans toutes les rubriques du bilan. Ça serait tres utile pour moi si quelqu`un pourrait me l`expliquer. Merci beacoup

> Analyser un bilan et utiliser les ratios

7 juin 2004, par Yves

Bonjour, Je trouve votre site très intéressant. C’est une source d’information fort variée. Je voudrais cependant vous demander pourquoi il n’est pas possible de faire un "Copier-Coller" de vos textes. En effet, afin de parfaire mes connaissances personnelles dans certains domaines, il m’arrive fréquemment de reprendre (en totalité ou en partie) des informations trouvées sur le net et de les sauver dans un fichier Word. Or sur votre site, lorsque je prélève certaines infos et que je tente de les faire basculer sur Word, cela ne fonctionne pas. Pourriez-vous me dire si le problème se situe chez vous ou chez moi ? Un grand merci

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31 mars 2005, par Jamel

Il suffit de sélectionner la partie du texte sur le site, d’ouvrir WORD, et enfin de cliquer sur Edition/Collage Spécial/Texte Sans Mise en Forme.

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27 février 2004

Bonjour et merci de donner accès libre à ce genre d’informations utiles et indispensables. Cependant, il manque des informations (ex. : le détai du fonds de roulement, ...)

Pourriez-vous faire le nécessaire, car ce serait dommage de ne pas pouvoir se servir d’une telle ressource informative MAIS incomplète.

Meilleures salutations.

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27 février 2004, par La rédaction

Le forum sous chaque article sert justement à recueillir l’expérience des visiteurs pour en faire profiter les autres. S’il manque des informations (et il en manque !), n’hésitez pas à les développer ici. Merci.

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27 février 2004

Je vous faisais aimablement remarquer que ormis la qualité de l’article, celui-ci n’est pas rédigé correctement, l’auteur a omis de compléter certaines lignes (fonds de roulement = ..... ET ......) il manque le détail de certaines notions que l’auteur développe. Salutations et merci de faire le nécessaire.

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27 février 2004, par La rédaction

Voilà, les passages qui ont disparu lors de la conversion du fichier en html ont été rétablis. Le coupable sera sévèrement châtié. Merci de votre intervention.

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8 octobre 2004

SCHEMA FINANCIER DU COMPTE DE RESULTATS

les comptes 61 62 63 qui suivent la valeur ajoutée ne sont pas corrects, à remplacer, respectivement, par 62 63 64.

REM : Et la variation de stocks "71" ??? Les autres comptes du 63 réduction de valeur etc...

Merci pour ce chapitre. Salutations.

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22 mai 2007

Depuis 2004, plus de reponse. Gratuit mais pas toujours fiable !!!! Merci