1.
Introduction
On
doit l’essentiel de la comptabilité moderne à Luca Pacioli,
moine franciscain né dans la région d’Assise en 1445 et mort à Rome en 1517. Il
fut l’ami de Léonard de Vinci.
Luca
Pacioli est l’auteur de Summa de Arithmetica, Geometria, Proportioni et Proportionalita, paru à Venise en 1494. Cet ouvrage
traite notamment des comptes, des écritures et de la tenue de livres par les
marchands.
Il
a donné une définition de la comptabilité en partie double qui est toujours
d’actualité :
« Vous devez savoir que
pour tous les postes du Journal, vous devez en faire deux dans le Grand Livre,
notamment un au débit et un autre au crédit. C’est de ceci que naît la Balance
qui se dresse lors de la clôture du Grand Livre entre les débits et les
crédits. »
2. Un regard sur
l’entreprise
De
quoi est faite une entreprise économique ?
De
compétence (hommes), d’outils (matériel) et d’argent.
On
quantifie difficilement les compétences humaines, et on ne les comptabilise
donc pas. Par contre les biens et l’argent se prêtent commodément à ces
opérations.
Voir
vivre l’entreprise est une nécessité pour celui qui coordonne les moyens
affectés à une entreprise économique.
Pour
cela, on peut chiffrer les éléments de l’entreprise et les voir évoluer. C’est,
à ce stade, une première définition de la comptabilité : un regard sur
l’entreprise.
3. La comptabilité doit
être tenue en partie double
Pour
comprendre la comptabilité en partie double, le mieux est de partir de la
comptabilité dite de caisse (in - out).
Partons
donc de l’argent de départ, le capital, que l’on appellera pour le moment la
caisse.
Les
premières opérations se présentent comme suit :
1.000
€ ma caisse
-
300 € j’achète de la marchandise
+
400 € j’en
vends pour ce prix
-
600 € j’en rachète
500 € ...
et il me reste
Cette
manière de procéder n’est pas satisfaisante car le solde de 500 ne correspond
pas à mon avoir réel. C’est le solde de ma caisse, mais cela ne tient pas
compte du solde de marchandise qui me reste.
Essayons
d’abord plus de lisibilité dans la présentation en séparant les opérations des
soldes périodiques. En effet, un solde n’est pas une opération mais le résultat
des opérations.
1.000
€
-
300 €
700 €
+
400 € 1.100 €
-
600 €
500 €
On
distingue déjà mieux les opérations au moyen de deux colonnes, mais ce n’est
toujours pas idéal. Pourquoi ? Parce que comme dit plus haut, on obtient
le résultat de la caisse sans connaître le résultat du stock de marchandises.
Pire,
la vente de 400 € indique le prix de vente mais pas la valeur en stock de ce
qui a été vendu. En effet, on vend en principe avec une marge. Donc le montant
des ventes et celui des achats ne représentent pas des valeurs égales dans les
mouvements du stock.
Cela
veut dire que non seulement, on ne connaît que l’état de la caisse mais, de
plus, on ne peut connaître l’état des marchandises.
Il
faut donc comptabiliser en ajoutant de l’information.
Solde de caisse Solde de marchandise
1.000
€
- 300 €
700 € 300 €
+400 € 1.100
€ 100 €
- 600 €
500 € 700 €
On
a ici ajouté au compte une colonne pour la caisse et une colonne pour la
marchandise.
Cette
présentation est plus riche car elle montre à tout moment l’état de la caisse
mais aussi ce qui a été réellement vendu.
En
effet, la vente de 400 €, qui porte la caisse à de 700
à 1.100 €, réduit les marchandises de 300 à 100 € de sorte qu’on en a vendu
pour une valeur en prix d’achat de 200 €. Une marge a été réalisée en doublant
le prix d’achat.
Cependant,
cette présentation présente encore un défaut : elle mêle les achats et les
ventes, ce qui nous contraint à des comparaisons puisque les prix d’achat et de
vente ne sont (heureusement) pas similaires.
Essayons
donc de distinguer non seulement la caisse des marchandises mais encore, dans
les marchandises, les achats et les ventes. Pour cela, utilisons la technique
apparue spontanément : créer une colonne supplémentaire.
|
Caisse
|
+1000
|
-300
|
+400
|
-600
|
= 500
|
|
Achat
|
|
+300
|
-200
|
+600
|
= 700
|
|
Vente
|
|
|
+400
|
|
|
|
Total
|
|
|
|
|
= 1200
|
A
présent, on a mis en regard toutes les opérations. Mais on se rend compte de ce
que cela deviendra compliqué si les opérations se
multiplient.
Réfléchissons
donc à une systématisation de cette comptabilité pour la rendre aussi détaillée
mais en restant simple. Quelles sont les premières constatations :
Une
colonne par activité, permet de voir plus clair.
Tout se
tient : ce que j’ai, ce que j’achète, ce que je vends, ce qui reste, etc.,
Quand une
colonne « bouge », une autre colonne bouge aussi.
Le solde
des colonnes correspond en finale au patrimoine décrit.
Donc :
Abandonnons le
principe d’un compte avec plusieurs colonnes, faisons plutôt autant de comptes
que d’activités (caisse, vente, achat, outils, etc.).
Le total des
colonnes, c’est le résultat. Le total des comptes sera donc le résultat.
Quatre
idées qui sont apparues :
Au lieu
d’aligner en une colonne les + et les -, on va distinguer les types
d’opération et les comptabiliser séparément
(= invention des comptes),
On va réunir
ensuite les soldes de ces comptes et les classer pour obtenir une synthèse du
patrimoine
(= invention du bilan),
Quand on
mouvemente un compte, on doit mouvementer un autre compte dans l’autre sens
(= invention du débit-crédit),
Quand on
comptabilise des mouvements en + d’un côté et et en -
d’un autre côté, on les met horizontalement et non verticalement,
(= invention de l’écriture
comptable).
Mettons
tout cela en œuvre en créant autant de comptes que de « sujets d’activité
» :
Capital,
Caisse,
Banque,
Matériel,
Stock,
Créances,
Dettes,
Achats,
Ventes.
On
peut à présent mouvementer simplement ces comptes par des écritures
comptables :
4. Exemples d’écritures
J’achète un immeuble pour le prix de
1.000.000 € : prenons les comptes investissement et dettes à long terme et
mouvementons-les.
A l’actif dans le premier compte apparaît le
montant en question tandis qu’au passif ce montant apparaît également. Exprimons
cette réalité dans les comptes :
Investissement Dettes
LT (en
000)
+ - + -
1.000 0 0 1.000
Par
convention, pour l’écriture de l’opération, on dira débiter lorsqu’on portera
un montant à l’actif d’un compte et créditer lorsqu’on portera un montant au
passif d’un compte. Mon écriture sera donc :
22
immobilisations 1.000.000
à
172
Dettes LT 1.000.000
Autrement
dit, on prend le montant du premier compte en actif (= débit) et on le met en
regard du montant de l’autre compte en crédit (= passif).
L’écriture
sera toujours en « débit-crédit » et
mouvementera deux comptes distincts.
Pourquoi
le débit correspond à un compte d’actif (emploi) et le crédit à un compte de
passif (ressource) ?
Par
convention comme on l’a dit, mais on pourrait dire que c’est parce que ce que
j’ai (actif), je me le dois (compte débiteur), et ce que ce je dois à un tiers
(passif), c’est qu’il m’en a fait crédit (compte créditeur).
N.B. :
et le capital ? Il est en compte de passif car la société le doit à ses
actionnaires.
Donc,
pour résumer la convention comptable qui me permet d’exprimer mes opérations en
partie double :
Une
augmentation d’actif = débit ; une diminution d’actif = crédit.
Une
augmentation de passif = crédit ; une diminution de passif = débit.
Quant
au compte de résultat, un achat correspond à un débit et une vente correspond à
un crédit.
J’achète à présent de la marchandise au prix de 7.500 €
3 stock 7.500
à
550 banque 7.500
N.B. :
En fait, il faut utiliser les comptes achats et ventes au lieu de stock, comme
on le verra plus loin. Le stock (ou plutôt la variation de stock) est en
réalité la différence entre les marchandises disponibles en début d’exercice et
celles non vendues en fin d’exercice. En cours d’année, on mouvemente les
comptes d’achat et de vente, dont la différence constitue un résultat (tenant
compte de la variation de stock) et cette différence égalise l’actif et le
passif, toutes autres choses étant égales.
Je vends à terme un bien
400
clients 625
à
70
Ventes 625
Le client paie à mon compte
550
banques 625
à
400
clients 625
N.B. :
et la TVA direz-vous ? Effectivement, il faut détailler les écritures avec
les comptes 411 (TVA à récupérer) et 451 (TVA à payer). Mais n’entrons pas dans
trop de complications.
J’achète une machine avec paiement à terme
23
Immobilisations 8.200
à
440
fournisseurs 8.200
Je paie le fournisseur
440
fournisseurs 8.200
à
550 banque 8.200
J’amortis à présent la machine (car elle se
déprécie avec le temps)
63
Amortissement 820
à
23
immobilisations 820
Je paie mon loyer
610
Biens et services divers 155
à
550
Banque 155
Je reçois une indemnité de rupture
550
Banque 7.400
à
76
Produits exceptionnels 7.400
Les
comptes sont donc des subdivisions de la comptabilité. Ce sont des comptes
d’actif ou de passif mais ils peuvent être débités ou crédités.
Comme
toutes les écritures portent toujours sur au moins deux comptes pour les mêmes
montants en débit et en crédit, le total des comptes d’actifs et le total des
comptes de passif sont par hypothèse toujours égaux.
Cela
ne veut pas dire que les avoirs et les dettes sont toujours égaux, car
autrement on ne gagnerait jamais d’argent ... !
En
réalité le compte de résultat fait le joint ou plutôt
rétablit l’équilibre entre l’actif et le passif. Ce compte fait notamment la
balance entre les achats et les ventes et dégage le bénéfice ou la perte selon
que l’on a plus ou mieux vendu que l’on a acheté.
Il
est du reste inexact de limiter le compte de résultat aux achats et ventes. Il
convient de parler de charges et de produits car outre les achats, il y a par
exemple les services consommés, les frais de personnel, les amortissements, les
frais financiers et les charges exceptionnelles.
Outre
les ventes, il y a notamment les produits financiers (intérêts), les reprises
d’amortissement ou de provision (quand ils s’avèrent excessifs ou sans objet)
et les produits exceptionnels (recevoir une indemnité).
La
balance entre les comptes de produits et les comptes de charges réalise le
compte de résultat.
Le
total des soldes de comptes d’actif avec le total des soldes de comptes de passif,
fait le bilan équilibré par le solde présenté par le compte de résultat.
Il
y a donc de multiples comptes.
On
a vu que chaque écriture portait un numéro en regard du nom de compte. C’est le
code affecté à chaque compte par le plan comptable. De quoi s’agit-il ?
Les
comptes sont, on le sait, les achats, les ventes, les investissements
(immobilisés), le stock, les créances et les dettes, le capital, la banque et
la caisse, etc.
Pour
les présenter systématiquement en un bilan, il faut les classer et à cet effet
leur donner un numéro.
Comment
faire pour établir un plan des comptes ?
On
suit un ordre qui part du fixe pour aller au volatile, de l’immobilisé
au circulant, de haut en bas.
La
loi « standartise » cet ordre dans le plan
comptable minimum normalisé (PCMN) qui constitue un cadre. Chaque entreprise
doit adopter un plan conforme à son activité.
La
hiérarchie du plan se présente comme suit :
Pour
le bilan :
1. Capital, réserves, résultat reporté et dettes à long terme
2. Immobilisés
3. Stock
4. Créances (40 à 44) et Dettes et 45 à 48 à court
terme
5. Banque (550) et Caisse (57)
Pour le compte de résultat :
6. Achats et autres charges
7. Ventes et autres produits
8. Annexes des comptes annuels
On voit que les premières classes (capital,
puis immobilisé) sont ce qui doit rester dans l’entreprise. Les plus basses
sont plus volatiles (caisse)
Partageons
à présent ces comptes entre l’actif et le passif
2
immobilisé (investissement) 1
capital et réserve
172 dettes LT
3 stock
40
à 44 créances 45
à 48 dettes CT
55
banque
57caisse
49
régularisation 49
régularisation
Total
actif = total passif
Rappelons
que le total de l’actif est égal au total du passif parce que chaque mouvement
est inscrit en débit et aussi en crédit, d’un compte de passif ou d’actif ou de
charge ou de produit, à un autre. Et le joint entre le passif et l’actif résulte
du compte de résultat : en perte ou en bénéfice, il égalise l’actif avec
le passif.
N.B. :
on voit un compte de régularisation (49). Il s’agit d’un compte qui reçoit les
mouvements supportés lors d’un exercice mais imputables à un autre exercice.
Par exemple si l’on paie le 1er décembre un loyer exigible par
anticipation et par trimestre, on doit porter un tiers en charge et deux tiers
en compte de régularisation. Dans les comptes 49 il y a aussi le compte
d’attente qui est parfois un compte « fourre-tout » qui reçoit
souvent les écritures en attente d’imputation précise. Pour cette raison, quand
une comptabilité contient un important compte d’attente, on peut supposer que
la comptabilité n’est peut-être pas parfaitement en ordre...
5. Premiers pas d’analyse
comptable
On
observe deux grandes masses bilantaires :
Actif Passif
2
immob. 1
capital
17
dettes LT
3
stock 4
dettes CT
4
créances
5
banque et caisse
Dans
la présentation, le capital et les dettes à long terme sont en regard des
immobilisations et les actifs circulants (stock, créances et banque) sont en
regard des dettes à court terme.
Economiquement
c’est pareil : on finance les investissements avec du passif à long terme,
on paie les fournisseurs avec les paiements des clients.
Dans
l’analyse de solvabilité d’une entreprise, on définit comme suit le fonds de
roulement, c’est-à-dire le matelas de trésorerie pour assurer le financement des
activités :
1
- 2 = fonds de roulement = (3 + 4 actif
+ 5) - 4 passif
Ou
Les
ressources permanentes - les immobilisations = le
fonds de roulement = les actifs circulants - les dettes à court terme.
Pour
une saine gestion, il faut financer les immobilisés avec du capital ou des
emprunts à long terme et surtout pas avec du crédit à court terme.
Et
on doit disposer de valeurs (créance, banque ou stock) permettant de payer les
fournisseurs et autres crédit à court terme.
L’excédent
de moyens est le fonds de roulement. Quand il est négatif, la société peut
connaître davantage de problèmes de financement ; quand il est trop
positif, la société peut investir son excédent de trésorerie en immobilisations
ou en placements à long terme.
Le
fonds de roulement est une notion qui doit être appréciée avec discernement.
Ainsi une société active dans la grande distribution :
- Est un gros
client et impose donc à ses fournisseurs de longs délais,
- Vend au détail
et n’accorde donc pas de délai à ses clients,
- Fait circuler
rapidement son stock et ne dispose donc pas d’un grand stock par rapport à ses
ventes.
Elle
devrait donc avoir un fonds de roulement négatif (beaucoup de dettes aux
fournisseurs, pas de créance client, peu de stock et de l’argent
réinvesti) !
En
réalité son fonds de roulement est positif grâce à l’argent mis en placement,
ou « remonté » en immobilisé.
Ceci
pour l’analyse à partir des éléments du bilan.
L’analyse
du compte de résultat à présent permet de définir la notion de marge, étant la
différence entre les ventes et les achats sous réserve de la variation de
stock.
Ventes
de biens - achats de biens +/- variation de stock = marge
Si
les clients paient au commerçant la marchandise à un prix supérieur par rapport
à son prix d’achat, c’est par exemple en raison soit de la transformation
apportée à la marchandise (activité industrielle) soit en raison du service y
ajouté (activité de négoce), par exemple la mise à la disposition à proximité
du client (distribution).
La
transformation ou le service donné à la marchandise est la marge ou la valeur ajoutée.
On
doit bien sûr tenir compte du correctif qu’est la variation de stock dans la
différence entre les ventes et les achats. En effet, ce qui est acheté et
stocké (non vendu) peut fausser la marge qui représente le différentiel réalisé
entre le prix d’achat et de vente.
N.B. :
la TVA est une taxe sur la marge dont on déduit encore les services ou
investissement acquis, ou une taxe sur la valeur ajoutée. En effet, en
supposant par souci de simplification qu’il n’y a aucune acquisition de service
ou d’investissement, supposons la chaîne des ventes d’un bien créé au coût de
100 et initialement vendu 120 :
a)
100 à 120 marge
= 20 à TVA de 21 % sur 20
b)
120 à 150 marge = 30 à TVA de 21 % sur 30 - TVA de 21 % sur
20
c)
150 à 200 marge = 50 à TVA de 21 % sur 50 - TVA de 21 % sur
30
Et
enfin le consommateur final paie la TVA sur sa consommation de 200 sans
récupération. C’est donc une taxe sur la valeur ajoutée (la différence entre
les ventes et les achats) et sur la consommation (le consommateur final étant
le seul qui supporte réellement la TVA sur son acquisition).
6. De quoi se compose la
comptabilité ?
On
a vu que chaque mouvement du patrimoine est exprimé dans une écriture. La
comptabilité se compose de toutes les écritures. Celles-ci,
tous comptes confondus,
en débit - crédit,
par ordre chronologique,
sur la période
comptable (exercice),
constituent le JOURNAL
(comme pour les professions libérales).
Et
toutes ces écritures réunies dans un livre mais classée par comptes et en ordre
chronologique constituent le GRAND LIVRE.
Comment
tenir le journal ? Il faut :
numéroter
(indexer) et dater les écritures,
les passer de
manière irréversible (en cas d’erreur, on ne rature pas, on effectue une
écriture de contre-passation ou ‘à l’envers’),
on passe les
écritures « sans retard ».
L’irréversibilité
est une contrainte pour les logiciels de comptabilité afin d’être apte à offrir
une comptabilité probante sur le plan fiscal mais souvent les logiciels
permettent d’enregistrer en brouillard, c’est-à-dire en brouillon réversible
avant de valider les écritures.
L’exigence
de passer les écritures sans retard est
importante. Cela veut dire qu’il faut tenir les comptes régulièrement, parfois
quotidiennement, d’où l’expression livre-journal.
L’article
25 du Code de commerce dispose que « les achats et les ventes pourront se
prouver au moyen d’une facture acceptée, sans préjudice des autres modes de
preuve admis par la loi commerciale. »
Pourquoi ?
Parce que le commerçant est censé enregistrer sans retard la facture reçue dans
sa comptabilité, qui est le reflet de son patrimoine.
Ce
faisant, il admet devoir ladite facture. Donc, s’il ne renvoie pas la facture
sans retard, il est supposé l’avoir acceptée et elle fait preuve contre lui.
La
présomption de titre que constitue la facture en droit commercial s’appuie donc
sur l’obligation de faire un sort à la facture sans retard.
7. La comptabilité est le reflet fidèle, sincère et complet du
patrimoine
Il
est permis de rassembler les écritures de manière thématique en
subdivisions, c’est-à-dire en plusieurs journaux. Ce sont les journaux
auxiliaires.
Journal des
ventes,
Journal des achats,
Livre financier,
Journal des O.D. (opérations diverses ou écritures
« internes »).
8. En définitive, la
comptabilité c’est :
les
règles d’évaluation et le plan adoptés par l’organe de gestion,
le grand livre
reproduisant toutes les écritures tenues conformément à ces règles, regroupées
par comptes,
les journaux
auxiliaires ou le journal unique (adaptés aux spécificités de l’entreprise),
et les comptes
annuels (bilan, compte de résultat et les annexes).
9. Et sur le plan
« matériel » ?
Sur
le plan matériel, il s’agit des documents suivants :
le grand livre
(historique des comptes),
les journaux
auxiliaires,
un journal
centralisateur de ces journaux, ou un journal unique,
les états
comptables (balances clients et fournisseurs avec la variante des balances
« âgées » c’est-à-dire classées par période de débition),
le livre
d’inventaire,
mais aussi les
pièces justificatives.
10. Les pièces comptables
« Toute écriture s’appuie
sur une pièce » dit la loi.
Ces
pièces sont d’abord les factures et les notes de crédit (ou factures à l’envers
si l’on ose dire). Les factures sont signées sauf dispense par A.M.
Il
existe aussi les notes de débit car le mot « facture » est souvent
associé à une notion de TVA et une pièce ne représente pas toujours une
livraison de bien ou une prestation de service facturable
avec TVA. Il en est ainsi d’une note d’intérêts de retard, d’un loyer, d’une
cession de créance, etc.
Il
existe aussi des factures internes pour les prélèvements (voyez les articles 12
- biens - et 19 - services - du Code TVA : ce sont les prestations que
l’entreprise réalise pour elle-même).
Il
ne faut pas omettre les justificatifs des O.D. Ces écritures mouvementent des
comptes « de l’intérieur », sans qu’une facture ou une note ne viennent de l’extérieur, si l’on peut dire. Il s’agit par
exemple d’une écriture correctrice, d’un passage de compte à compte, de la
comptabilisation des rémunérations, d’un amortissement, etc.
Lorsqu’il y a beaucoup d’O.D. c’est parfois l’indice
que le comptable a dû corriger la comptabilité ...
Enfin,
parmi les pièces comptables on relève encore les extraits de comptes, les
contrats, etc.
11. Les autres pièces
comptables
Les
facturiers d’entrée et de sortie recueillent les factures reçues de tiers et
envoyées à des tiers. Les factures sont numérotées pour correspondre aux
écritures.
Le
livre d’inventaire est le répertoire des soldes des comptes en fin d’exercice.
Il justifie chaque année les mouvements de stock. En pratique, il arrive
souvent que l’on y colle les états comptables quand l’entreprise de dispose pas
d’un stock physique.
Le
livre centralisateur contient les soldes des différents journaux par période.
La période est le trimestre ou le mois, mais souvent les centralisations sont
mensuelles car les logiciels comptables fonctionnent ainsi. La centralisation
« arrête » les comptes. Ce livre contient
donc des lignes mensuelles qui totalisent les opérations durant le mois.
Ces
deux derniers livres doivent toujours être côtés et paraphés au greffe du
Tribunal de commerce même si la loi instituant les guichets d’entreprise a
semblé supprimer cette formalité.
La
tenue de ces livres est sanctionnée pénalement et, en cas de faillite, le
curateur réclame ces livres pour qu’ils soient arrêtés par le juge-commissaire.
Le
livre de caisse doit être tenu par opération, pas par jour. Ce livre est très
important pour les commerçants au détail car il fait foi des recettes en
espèces vis-à-vis de l’administration fiscale. Sa tenue très lourde est souvent
avantageusement remplacée par les bandelettes de la caisse enregistreuse. En
fin de journée, le commerçant tire le relevé des ventes (par la touche Z) et le
colle dans le livre des recettes.
12. A qui sert la
comptabilité ?
Pour
l’entreprise, la comptabilité est un outil
de gestion :
Confection des
budgets pour gérer la trésorerie,
Confection d’un
plan d’affaire pour justifier un investissement,
Plan financier
pour une constitution de société,
Comptabilité
analytique pour connaître les prix de revient et réaliser la liste des prix de
vente (la comptabilité analytique est une comptabilité des produits et des
charges réalisée par lignes de produits de l’entreprise).
Pour les tiers,
la comptabilité est un outil
d’information (publicité légale) :
Banquier pour
l’évaluation des crédits,
Investisseurs
pour injecter du capital,
Autorité de
contrôle pour l’appel public à l’épargne,
Personnel,
actionnaires, fournisseurs et clients dans leurs relations avec l’entreprise.
Pour la justice,
la comptabilité est un outil de preuve
(articles 1330 du
Code civil et 25 du Code de commerce).
Cependant
l’article 21 du Code de commerce interdit de faire produire toute la comptabilité
d’un commerçant en justice sauf affaire de faillite, succession, communauté et
partage de société.
Pour le fisc et
le contribuable, la comptabilité est un outil
d’application de la loi fiscale :
Les article 24
CIR/92 (et 183 pour les sociétés) définissent le bénéfice imposable comme étant
« 2° de tout accroissement de la valeur des éléments d’actif affectés à
l’exercice de l’activité professionnelle et de tout amoindrissement de la
valeur des éléments du passif résultant de cette activité, lorsque ces plus-
values ou moins-values ont été réalisées ou exprimées dans la comptabilité ou
les comptes annuels ; »
Une comptabilité
régulière est le socle sur lequel s’appuie le droit fiscal sauf lorsqu’il y
déroge expressément (Cass. 2 octobre 2003, rôle
n° F010084N, www.cass.be),
Elle permet de
justifier les charges déductibles, d’amortir les investissements, de récupérer
la TVA, etc.
Pour les
actionnaires, la comptabilité est un outil
de contrôle :
Par chaque
associé lorsqu’il n’existe pas de commissaire (art. 166 C.S.),
Lorsque la
société est visée par les critères légaux, le reviseur
s’appuie sur la comptabilité. Il doit dénoncer les manquements constatés à
l’organe de gestion, et à défaut de réaction au Président du Tribunal de
commerce (art. 138 C.S.).
> Principes de base de la comptabilité
22 janvier 2006, par Ronald
L’article commence très simplement avec quelques opérations de caisse comme exemple. Alors que cela commence avec des explications triviales, tout à coup apparaissent les termes "actif" et "passif" sans explications préliminaires. Désolé mais ceci ne me semble pas didactique. Merci d’avoir fait l’effort de publier l’article et désolé pour cet avis négatif.
> Principes de base de la comptabilité
25 avril 2005, par mafo angeline
je voudrais que vous puissier m’eclaircir a propos de la comptabilité et comment doit etre un bon gestionnaire