1. Introduction
On doit l’essentiel de la comptabilité moderne à
Luca Pacioli, moine franciscain né dans la région d’Assise en
1445 et mort à Rome en 1517. Il fut l’ami de Léonard de Vinci.
Luca Pacioli est l’auteur de Summa de Arithmetica, Geometria,
Proportioni et Proportionalita, paru à
Venise en 1494. Cet ouvrage
traite notamment des comptes, des écritures et de la tenue de livres par les
marchands.
Il a donné une
définition de la comptabilité en partie double qui est toujours
d’actualité :
« Vous devez savoir que pour
tous les postes du Journal, vous devez en faire deux dans le Grand Livre,
notamment un au débit et un autre au crédit. C’est de ceci que naît la Balance
qui se dresse lors de la clôture du Grand Livre entre les débits et les
crédits. »
2. Un regard sur l’entreprise
De quoi est
faite une entreprise économique ?
De compétence
(hommes), d’outils (matériel) et d’argent.
On quantifie
difficilement les compétences humaines, et on ne les comptabilise donc pas. Par
contre les biens et l’argent se prêtent commodément à ces opérations.
Voir vivre
l’entreprise est une nécessité pour celui qui coordonne les moyens affectés à
une entreprise économique.
Pour cela, on
peut chiffrer les éléments de l’entreprise et les voir évoluer. C’est, à ce
stade, une première définition de la comptabilité : un regard sur l’entreprise.
3. La comptabilité doit être tenue en
partie double
Pour
comprendre la comptabilité en partie double, le mieux est de partir de la comptabilité
dite de caisse (in - out).
Partons donc
de l’argent de départ, le capital, que l’on appellera pour le moment la caisse.
Les premières
opérations se présentent comme suit :
1.000 € ma caisse
- 300 €
j’achète de la
marchandise
+ 400 € j’en vends pour ce prix
- 600 €
j’en rachète
500 €
... et il me reste
Cette manière
de procéder n’est pas satisfaisante car le solde de 500 ne correspond pas à mon
avoir réel. C’est le solde de ma caisse, mais cela ne tient pas compte du solde
de marchandise qui me reste.
Essayons
d’abord plus de lisibilité dans la présentation en séparant les opérations des
soldes périodiques. En effet, un solde n’est pas une opération mais le résultat
des opérations.
1.000 €
- 300 €
700 €
+ 400 € 1.100 €
- 600 €
500 €
On distingue
déjà mieux les opérations au moyen de deux colonnes, mais ce n’est toujours pas
idéal. Pourquoi ? Parce que comme dit plus haut, on obtient le résultat de
la caisse sans connaître le résultat du stock de marchandises.
Pire, la vente
de 400 € indique le prix de vente mais pas la valeur en stock de ce qui a été
vendu. En effet, on vend en principe avec une marge. Donc le montant des ventes
et celui des achats ne représentent pas des valeurs égales dans les mouvements
du stock.
Cela veut dire
que non seulement, on ne connaît que l’état de la caisse mais, de plus, on ne
peut connaître l’état des marchandises.
Il faut donc
comptabiliser en ajoutant de l’information.
Solde de caisse Solde de marchandise
1.000 €
- 300 € 700 € 300
€
+400 € 1.100
€ 100 €
- 600 € 500 € 700
€
On a ici
ajouté au compte une colonne pour la caisse et une colonne pour la marchandise.
Cette
présentation est plus riche car elle montre à tout moment l’état de la caisse
mais aussi ce qui a été réellement vendu.
En effet, la
vente de 400 € qui porte la caisse à de 700 à 1.100 € réduit les
marchandises de 300 à 100 € de sorte qu’on en a vendu pour une valeur en prix
d’achat de 200 €. Une marge a été réalisée en doublant le prix d’achat.
Cependant,
cette présentation présente encore un défaut : elle mêle les achats et les
ventes, ce qui nous contraint à des comparaisons puisque les prix d’achat et de
vente ne sont (heureusement) pas similaires.
Essayons donc
de distinguer non seulement la caisse des marchandises mais encore, dans les
marchandises, les achats et les ventes. Pour cela, utilisons la technique
apparue spontanément : créer une colonne supplémentaire.
|
Caisse
|
+1000
|
-300
|
+400
|
-600
|
= 500
|
|
Achat
|
|
+300
|
-200
|
+600
|
= 700
|
|
Vente
|
|
|
+400
|
|
|
|
Total
|
|
|
|
|
= 1200
|
A présent, on
a mis en regard toutes les opérations. Mais on se rend compte de ce que cela
deviendra compliqué si les
opérations se multiplient.
Réfléchissons
donc à une systématisation de cette comptabilité pour la rendre aussi détaillée
mais en restant simple. Quelles sont les premières constatations :
18.0pt;line-height:13.0pt;mso-list:l5 level1 lfo6;tab-stops:list 18.0pt 36.0pt'>
1.
Une colonne par activité, permet de voir plus
clair.
18.0pt;line-height:13.0pt;mso-list:l5 level1 lfo6;tab-stops:list 18.0pt 36.0pt'>
2.
Tout se tient : ce que j’ai, ce que j’achète, ce
que je vends, ce qui reste,
etc.,
18.0pt;line-height:13.0pt;mso-list:l5 level1 lfo6;tab-stops:list 18.0pt 36.0pt'>
3.
Quand une colonne « bouge », une autre
colonne bouge aussi.
18.0pt;line-height:13.0pt;mso-list:l5 level1 lfo6;tab-stops:list 18.0pt 36.0pt'>
4.
Le solde des colonnes correspond en finale au
patrimoine décrit.
Donc :
18.0pt;line-height:13.0pt;mso-list:l5 level1 lfo6;tab-stops:list 18.0pt 36.0pt'>
5.
Abandonnons le principe d’un compte avec
plusieurs colonnes, faisons plutôt autant de comptes que d’activités (caisse,
vente, achat, outils,
etc.).
18.0pt;line-height:13.0pt;mso-list:l5 level1 lfo6;tab-stops:list 18.0pt 36.0pt'>
6.
Le total des colonnes, c’est le résultat. Le
total des comptes sera donc le résultat.
Quatre idées
qui sont apparues :
18.0pt;line-height:13.0pt;mso-list:l10 level1 lfo7;tab-stops:list 18.0pt 36.0pt'>
1.
Au lieu d’aligner en une colonne les + et les -,
on va distinguer les types d’opération et les comptabiliser séparément
(= invention des comptes),
18.0pt;line-height:13.0pt;mso-list:l10 level1 lfo7;tab-stops:list 18.0pt 36.0pt'>
2.
On va réunir ensuite les soldes de ces comptes
et les classer pour obtenir une synthèse du patrimoine
(= invention du bilan),
18.0pt;line-height:13.0pt;mso-list:l10 level1 lfo7;tab-stops:list 18.0pt 36.0pt'>
3.
Quand on mouvemente un compte, on doit
mouvementer un autre compte dans l’autre sens
(= invention du débit-crédit),
18.0pt;line-height:13.0pt;mso-list:l10 level1 lfo7;tab-stops:list 18.0pt 36.0pt'>
4.
Quand on comptabilise des mouvements en + d’un
côté et
et en - d’un autre
côté, on les met horizontalement et non verticalement,
(= invention de l’écriture
comptable).
Mettons tout
cela en œuvre en créant autant de comptes que de « sujets d’activité
» :
18.0pt;line-height:13.0pt;mso-list:l8 level1 lfo8;tab-stops:list 18.0pt 36.0pt'>
1.
Capital,
18.0pt;line-height:13.0pt;mso-list:l8 level1 lfo8;tab-stops:list 18.0pt 36.0pt'>
2.
Caisse,
18.0pt;line-height:13.0pt;mso-list:l8 level1 lfo8;tab-stops:list 18.0pt 36.0pt'>
3.
Banque,
18.0pt;line-height:13.0pt;mso-list:l8 level1 lfo8;tab-stops:list 18.0pt 36.0pt'>
4.
Matériel,
18.0pt;line-height:13.0pt;mso-list:l8 level1 lfo8;tab-stops:list 18.0pt 36.0pt'>
5.
Stock,
18.0pt;line-height:13.0pt;mso-list:l8 level1 lfo8;tab-stops:list 18.0pt 36.0pt'>
6.
Créances,
18.0pt;line-height:13.0pt;mso-list:l8 level1 lfo8;tab-stops:list 18.0pt 36.0pt'>
7.
Dettes,
18.0pt;line-height:13.0pt;mso-list:l8 level1 lfo8;tab-stops:list 18.0pt 36.0pt'>
8.
Achats,
18.0pt;line-height:13.0pt;mso-list:l8 level1 lfo8;tab-stops:list 18.0pt 36.0pt'>
9.
Ventes.
On peut à
présent mouvementer simplement ces comptes par des écritures comptables :
4. Exemples d’écritures
J’achète un immeuble pour le prix de
1.000.000 € : prenons les comptes investissement et dettes à long terme et
mouvementons-les.
A l’actif dans le premier compte apparaît le
montant en question tandis qu’au passif ce montant apparaît également.
Exprimons cette réalité dans les comptes :
Investissement Dettes
LT (en
000)
+ - + -
1.000 0 0 1.000
Par
convention, pour l’écriture de l’opération, on dira débiter lorsqu’on portera
un montant à l’actif d’un compte et créditer lorsqu’on portera un montant au
passif d’un compte. Mon écriture sera donc :
22
immobilisations 1.000.000
à
172
Dettes LT 1.000.000
Autrement dit,
on prend le montant du premier compte en actif (= débit) et on le met en regard
du montant de l’autre compte en crédit (= passif).
L’écriture
sera toujours en « débit-crédit »
et mouvementera deux comptes distincts.
Pourquoi le
débit correspond à un compte d’actif (emploi) et le crédit à un compte de
passif (ressource) ?
Par convention
comme on l’a dit, mais on pourrait dire que c’est parce que ce que j’ai
(actif), je me le dois (compte débiteur), et ce que ce je dois à un tiers
(passif), c’est qu’il m’en a fait crédit (compte créditeur).
N.B. : et
le capital ? Il est en compte de passif car la société le doit à ses
actionnaires.
Donc, pour
résumer la convention comptable qui me permet d’exprimer mes opérations en
partie double :
Une
augmentation d’actif = débit ; une diminution d’actif = crédit.
Une
augmentation de passif = crédit ; une diminution de passif = débit.
Quant au
compte de résultat, un achat correspond à un débit et une vente correspond à un
crédit.
J’achète à
présent de la marchandise au prix de 7.500 €
3 stock 7.500
à
550 banque 7.500
N.B. : En
fait, il faut utiliser les comptes achats et ventes au lieu de stock, comme on
le verra plus loin. Le stock (ou plutôt la variation de stock) est en réalité
la différence entre les marchandises disponibles en début d’exercice et celles
non vendues en fin d’exercice. En cours d’année, on mouvemente les comptes
d’achat et de vente, dont la différence constitue un résultat (tenant compte de
la variation de stock) et cette différence égalise l’actif et le passif, toutes
autres choses étant égales.
Je vends à
terme un bien
400 clients 625
à
70
Ventes 625
Le client
paie à mon compte
550 banques 625
à
400
clients 625
N.B. : et la TVA direz-vous ?
Effectivement, il faut détailler les écritures avec les comptes 411 (TVA à
récupérer) et 451 (TVA à payer). Mais n’entrons pas dans trop de complications.
J’achète
une machine avec paiement à terme
23
Immobilisations 8.200
à
440
fournisseurs 8.200
Je paie le
fournisseur
440
fournisseurs 8.200
à
550 banque 8.200
J’amortis à
présent la machine (car elle se déprécie avec le temps)
63
Amortissement 820
à
23
immoblisations 820
Je paie mon
loyer
610 Biens et
services divers 155
à
550
Banque 155
Je reçois
une indemnité de rupture
550 Banque 7.400
à
76
Produits exceptionnels 7.400
Les comptes
sont donc des subdivisions de la comptabilité. Ce sont des comptes d’actif ou
de passif mais ils peuvent être débités ou crédités.
Comme toutes
les écritures portent toujours sur au moins deux comptes pour les mêmes
montants en débit et en crédit, le total des comptes d’actifs et le total des
comptes de passif sont par
hypothèse toujours égaux.
Cela ne veut
pas dire que les avoirs et les dettes sont toujours égaux, car autrement on ne
gagnerait jamais d’argent ... !
En réalité le
compte de résultat fait le joint ou
plutôt rétablit l’équilibre entre l’actif et le passif. Ce compte fait
notamment la balance entre les achats et les ventes et dégage le bénéfice ou la
perte selon que l’on a plus ou mieux vendu que l’on a acheté.
Il est du
reste inexact de limiter le compte de résultat aux achats et ventes. Il
convient de parler de charges et de produits car outre les achats, il y a par
exemple les services consommés, les frais de personnel, les amortissements, les
frais financiers et les charges exceptionnelles.
Outre les
ventes, il y a notamment les produits financiers (intérêts), les reprises
d’amortissement ou de provision (quand ils s’avèrent excessifs ou sans objet)
et les produits exceptionnels (recevoir une indemnité).
La balance
entre les comptes de produits et les comptes de charges réalise le compte de
résultat.
Le total des
soldes de comptes d’actif avec le total des soldes de comptes de passif, fait
le bilan équilibré par le solde présenté par le compte de résultat.
Il y a donc de
multiples comptes.
On a vu que
chaque écriture portait un numéro en regard du nom de compte. C’est le code
affecté à chaque compte par le plan comptable. De quoi s’agit-il ?
Les comptes
sont, on le sait, les achats, les ventes, les investissements (immobilisés), le
stock, les créances et les dettes, le capital, la banque et la caisse, etc.
Pour les
présenter systématiquement en un bilan, il faut les classer et à cet effet leur
donner un numéro.
Comment
faire pour établir un plan des comptes ?
On suit un
ordre qui part du fixe pour aller au volatile, de l’immobilisé au circulant, de haut en bas.
La loi standartise cet ordre dans le
plan comptable minimum normalisé (PCMN) qui constitue un cadre. Chaque
entreprise doit adopter un plan conforme à son activité.
La hiérarchie
du plan se présente comme suit :
Pour le
bilan :
18.0pt;line-height:13.0pt;mso-list:l11 level1 lfo9;tab-stops:list 18.0pt 36.0pt'>
1.
Capital, réserves, résultat reporté et dettes
à long terme
18.0pt;line-height:13.0pt;mso-list:l11 level1 lfo9;tab-stops:list 18.0pt 36.0pt'>
2.
Immobilisés
18.0pt;line-height:13.0pt;mso-list:l11 level1 lfo9;tab-stops:list 18.0pt 36.0pt'>
3.
Stock
18.0pt;line-height:13.0pt;mso-list:l11 level1 lfo9;tab-stops:list 18.0pt 36.0pt'>
4.
Créances (40 à 44) et Dettes et 45 à 48 à court terme
18.0pt;line-height:13.0pt;mso-list:l11 level1 lfo9;tab-stops:list 18.0pt 36.0pt'>
5.
Banque (550) et Caisse (57)
Pour le compte de résultat :
18.0pt;line-height:13.0pt;mso-list:l11 level1 lfo9;tab-stops:list 18.0pt 36.0pt'>
6.
Achats et autres charges
18.0pt;line-height:13.0pt;mso-list:l11 level1 lfo9;tab-stops:list 18.0pt 36.0pt'>
7.
Ventes et autres produits
18.0pt;line-height:13.0pt;mso-list:l11 level1 lfo9;tab-stops:list 18.0pt 36.0pt'>
8.
Annexes des comptes annuels
On voit que les
premières classes (capital, puis immobilisé) sont ce qui doit rester dans
l’entreprise. Les plus basses sont plus volatiles (caisse)
Partageons à
présent ces comptes entre l’actif et le passif
2 immobilisé (investissement) 1 capital et réserve
172
dettes LT
3 stock
40 à 44
créances 45
à 48 dettes CT
55 banque
57caisse
49
régularisation 49
régularisation
Total actif = total passif
Rappelons que
le total de l’actif est égal au total du passif parce que chaque mouvement est
inscrit en débit et aussi en crédit, d’un compte de passif ou d’actif ou de
charge ou de produit, à un autre. Et le joint entre le passif et l’actif
résulte du compte de résultat : en perte ou en bénéfice, il égalise l’actif
avec le passif.
N.B. : on
voit un compte de régularisation (49). Il s’agit d’un compte qui reçoit les
mouvements supportés lors d’un exercice mais imputables à un autre exercice.
Par exemple si l’on paie le 1er décembre un loyer exigible par
anticipation et par trimestre, on doit porter un tiers en charge et deux tiers
en compte de régularisation. Dans les comptes 49 il y a aussi le compte
d’attente qui est parfois un compte « fourre-tout » qui reçoit
souvent les écritures en attente d’imputation précise. Pour cette raison, quand
une comptabilité contient un important compte d’attente, on peut supposer que
la comptabilité n’est peut-être pas parfaitement en ordre...
5. Premiers pas d’analyse comptable
On observe
deux grandes masses bilantaires :
Actif Passif
2 immob. 1 capital
17 dettes LT
3 stock 4
dettes CT
4 créances
5 banque et
caisse
Dans la présentation, le capital et les dettes à
long terme sont en regard des immobilisations et les actifs circulants (stock,
créances et banque) sont en regard des dettes à court terme.
Economiquement c’est pareil : on finance les
investissements avec du passif à long terme, on paie les fournisseurs avec les
paiements des clients.
Dans l’analyse
de solvabilité d’une entreprise, on définit comme suit le fonds de roulement,
c’est-à-dire le matelas de trésorerie pour assurer le financement des
activités :
1 - 2 = fonds
de roulement = (3 + 4 actif + 5) - 4 passif
Ou
Les ressources
permanentes - les immobilisations = le fonds de roulement = les actifs
circulants - les dettes à court terme.
Pour une saine
gestion, il faut financer les immobilisés avec du capital ou des emprunts à
long terme et surtout pas avec du crédit à court terme.
Et on doit
disposer de valeurs (créance, banque ou stock) permettant de payer les
fournisseurs et autres crédit à court terme.
L’excédent de
moyens est le fonds de roulement. Quand il est négatif, la société peut
connaître davantage de problèmes de financement ; quand il est trop
positif, la société peut investir son excédent de trésorerie en immobilisations
ou en placements à long terme.
Le fonds de
roulement est une notion qui doit être appréciée avec discernement. Ainsi une
société active dans la grande distribution :
18.0pt;line-height:13.0pt;mso-list:l13 level1 lfo10;tab-stops:list 18.0pt 36.0pt'>
1.
Est un gros client et impose donc à ses
fournisseurs de longs délais,
18.0pt;line-height:13.0pt;mso-list:l13 level1 lfo10;tab-stops:list 18.0pt 36.0pt'>
2.
Vend au détail et n’accorde donc pas de délai à
ses clients,
18.0pt;line-height:13.0pt;mso-list:l13 level1 lfo10;tab-stops:list 18.0pt 36.0pt'>
3.
Fait circuler rapidement son stock et ne dispose
donc pas d’un grand stock par rapport à ses ventes.
Elle devrait
donc avoir un fonds de roulement négatif (beaucoup de dettes aux fournisseurs,
pas de créance client, peu de stock et de l’argent réinvesti) !
En réalité son
fonds de roulement est positif grâce à l’argent mis en placement, ou
« remonté » en immobilisé.
Ceci pour
l’analyse à partir des éléments du bilan.
L’analyse du
compte de résultat à présent permet de définir la notion de marge, étant la
différence entre les ventes et les achats sous réserve de la variation de
stock.
Ventes de
biens - achats de biens +/- variation de stock = marge
Si les clients
paient au commerçant la marchandise à un prix supérieur par rapport à son prix
d’achat, c’est par exemple en raison soit de la transformation apportée à la
marchandise (activité industrielle) soit en raison du service y ajouté
(activité de négoce), par exemple la mise à la disposition à proximité du
client (distribution).
La
transformation ou le service donné à la marchandise est la marge ou la valeur ajoutée.
On doit bien
sûr tenir compte du correctif qu’est la variation de stock dans la différence
entre les ventes et les achats. En effet, ce qui est acheté et stocké (non
vendu) peut fausser la marge qui représente le différentiel réalisé entre le
prix d’achat et de vente.
N.B. : la TVA
est une taxe sur la marge dont on déduit encore les services ou investissement
acquis, ou une taxe sur la valeur ajoutée. En effet, en supposant par souci de
simplification qu’il n’y a aucune acquisition de service ou d’investissement,
supposons la chaîne des ventes d’un bien créé au coût de 100 et initialement vendu
120 :
a) 100 à 120 marge
= 20 à TVA de 21 % sur 20
b) 120 à 150 marge = 30 à
TVA de 21 % sur 30 -TVA de 21 % sur 20
c) 150 à 200 marge =
50 à
TVA de 21 % sur 50 - TVA de 21 % sur 30
Et enfin le
consommateur final paie la TVA sur sa consommation de 200 sans récupération.
C’est donc une taxe sur la valeur ajoutée (la différence entre les ventes et
les achats) et sur la consommation (le consommateur final étant le seul qui
supporte réellement la TVA sur son acquisition).
6. De quoi se compose la comptabilité ?
On a vu que
chaque mouvement du patrimoine est exprimé dans une écriture. La comptabilité
se compose de toutes les écritures. Celles-ci,
18.0pt;line-height:13.0pt;mso-list:l6 level1 lfo11;tab-stops:list 18.0pt 36.0pt'>
1.
tous comptes confondus,
18.0pt;line-height:13.0pt;mso-list:l6 level1 lfo11;tab-stops:list 18.0pt 36.0pt'>
2.
en débit - crédit,
18.0pt;line-height:13.0pt;mso-list:l6 level1 lfo11;tab-stops:list 18.0pt 36.0pt'>
3.
par ordre chronologique,
18.0pt;line-height:13.0pt;mso-list:l6 level1 lfo11;tab-stops:list 18.0pt 36.0pt'>
4.
sur la période comptable (exercice),
constituent le JOURNAL (comme pour
les professions libérales).
Et toutes ces
écritures réunies dans un livre mais classée par comptes et en ordre
chronologique constituent le GRAND LIVRE.
Comment tenir le journal ? Il
faut :
18.0pt;line-height:13.0pt;mso-list:l17 level1 lfo12;tab-stops:list 18.0pt 36.0pt'>
1.
numéroter (indexer) et dater les écritures,
18.0pt;line-height:13.0pt;mso-list:l17 level1 lfo12;tab-stops:list 18.0pt 36.0pt'>
2.
les passer de manière irréversible (en cas
d’erreur, on ne rature pas, on effectue une écriture de contre-passation ou ‘à
l’envers’),
18.0pt;line-height:13.0pt;mso-list:l17 level1 lfo12;tab-stops:list 18.0pt 36.0pt'>
3.
on passe les écritures « sans
retard ».
L’irréversibilité
est une contrainte pour les logiciels de comptabilité afin d’être apte à offrir
une comptabilité probante sur le plan fiscal mais souvent les logiciels
permettent d’enregistrer en brouillard, c’est-à-dire en brouillon réversible
avant de valider les écritures.
L’exigence de
passer les écritures sans retard est
importante. Cela veut dire qu’il faut tenir les comptes régulièrement, parfois
quotidiennement, d’où l’expression livre-journal.
L’article 25
du Code de commerce dispose que « les
achats et les ventes pourront se prouver au moyen d’une facture acceptée, sans
préjudice des autres modes de preuve admis par la loi commerciale. »
Pourquoi ?
Parce que le commerçant est censé enregistrer sans retard la facture reçue dans
sa comptabilité, qui est le reflet de son patrimoine.
Ce faisant, il
admet devoir ladite facture. Donc, s’il ne renvoie pas la facture sans retard,
il est supposé l’avoir acceptée et elle fait preuve contre lui.
La présomption
de titre que constitue la facture en droit commercial s’appuie donc sur
l’obligation de faire un sort à la facture sans retard.
7. La
comptabilité est le reflet fidèle, sincère et complet du patrimoine
Il est permis
de rassembler les écritures de manière thématique en subdivisions,
c’est-à-dire en plusieurs journaux. Ce sont les journaux auxiliaires.
18.0pt;line-height:13.0pt;mso-list:l14 level1 lfo13;tab-stops:list 18.0pt 36.0pt'>
1.
Journal des ventes,
18.0pt;line-height:13.0pt;mso-list:l14 level1 lfo13;tab-stops:list 18.0pt 36.0pt'>
2.
Journal des achats,
18.0pt;line-height:13.0pt;mso-list:l14 level1 lfo13;tab-stops:list 18.0pt 36.0pt'>
3.
Livre financier,
18.0pt;line-height:13.0pt;mso-list:l14 level1 lfo13;tab-stops:list 18.0pt 36.0pt'>
4.
Journal des O.D. (opérations diverses ou
écritures « internes »).
8. En définitive, la comptabilité
c’est :
18.0pt;line-height:13.0pt;mso-list:l4 level1 lfo14;tab-stops:list 18.0pt 36.0pt'>
1.
les règles d’évaluation et le plan adoptés par
l’organe de gestion,
18.0pt;line-height:13.0pt;mso-list:l4 level1 lfo14;tab-stops:list 18.0pt 36.0pt'>
2.
le grand livre reproduisant toutes les écritures
tenues conformément à ces règles, regroupées par comptes,
18.0pt;line-height:13.0pt;mso-list:l4 level1 lfo14;tab-stops:list 18.0pt 36.0pt'>
3.
les journaux auxiliaires ou le journal unique
(adaptés aux spécificités de l’entreprise),
18.0pt;line-height:13.0pt;mso-list:l4 level1 lfo14;tab-stops:list 18.0pt 36.0pt'>
4.
et les comptes annuels (bilan, compte de
résultat et les annexes).
9. Et sur le plan « matériel »
?
Sur le plan
matériel, il s’agit des documents suivants :
18.0pt;line-height:13.0pt;mso-list:l12 level1 lfo15;tab-stops:list 18.0pt 36.0pt'>
1.
le grand livre (historique des comptes),
18.0pt;line-height:13.0pt;mso-list:l12 level1 lfo15;tab-stops:list 18.0pt 36.0pt'>
2.
les journaux auxiliaires,
18.0pt;line-height:13.0pt;mso-list:l12 level1 lfo15;tab-stops:list 18.0pt 36.0pt'>
3.
un journal centralisateur de ces journaux, ou un
journal unique,
18.0pt;line-height:13.0pt;mso-list:l12 level1 lfo15;tab-stops:list 18.0pt 36.0pt'>
4.
les états comptables (balances clients et fournisseurs
avec la variante des balances « âgées » c’est-à-dire classées par
période de débition),
18.0pt;line-height:13.0pt;mso-list:l12 level1 lfo15;tab-stops:list 18.0pt 36.0pt'>
5.
le livre d’inventaire,