Démolition – reconstruction
L’article 56
de la loi-programme du 27 décembre 2006 a introduit une rubrique XXXVII dans le
tableau A de l'annexe de l'arrêté royal n° 20 du 20 juillet 1970.
Cette
rubrique dénommée « démolition et
reconstruction de bâtiments dans des zones urbaines » prévoit que le
taux réduit de la TVA s’appliquera aux travaux immobiliers ayant pour objet la
démolition et la reconstruction conjointe (sic)
d'un bâtiment d'habitation.
Les
conditions pour bénéficier du taux réduit de
6 % sont les suivantes :
1.
Les travaux doivent porter sur des travaux
immobiliers de démolition suivie de la reconstruction.
2.
Le bâtiment doit, après travaux, être
utilisé, soit exclusivement, soit à titre principal comme logement privé.
3.
Le bâtiment doit être situé dans une zone
urbaine définie par divers arrêtés
royaux.
4.
L’entrepreneur doit être enregistré. Depuis
l’A.R. du 2 juin 2010, cette condition n’est plus exigée.
5.
La facture de l’entrepreneur et son double
doivent contenir la mention de ce que le taux réduit est applicable et que les
conditions du taux réduit sont remplies en raison des déclarations du maître de
l’ouvrage.
6.
La facture doit porter une TVA qui devient
exigible au plus tard le 31 décembre de l’année de la première occupation du
bâtiment.
7.
Le maître de l’ouvrage doit introduire une
déclaration au contrôle TVA, avant la facturation, de ce que le bâtiment est
destiné à être utilisé comme logement privé, et cette déclaration elle doit
être accompagnée d'une copie du permis
d’urbanisme, des contrats d'entreprise (une tolérance administrative ne l’exige
plus) et de la décision d’insérer la situation du bien dans une zone urbaine
visée (voir infra).
8.
Le maître de l’ouvrage doit encore remettre
une copie de cette déclaration aux entrepreneurs.
L’article 56 précité
n’est pas limité dans le temps. Il entre en vigueur le 1er janvier
2007.
Ce régime a été amélioré par des dispositions successives
qui, elles, sont limitées dans le temps.
Ainsi, à partir du 1er janvier 2009, le
taux de 6 % est rendu applicable à toute démolition suivie de reconstruction
d’un immeuble destiné à l’habitation, même s’il est situé en dehors des 32
villes et Communes dont question en 2007 (art. 1erquater A.R. n° 20 TVA).
Ce régime a été maintenu pour l’année
2010, mais à la condition de ce que le permis d’urbanisme ait été introduit
avant le 1er avril 2010.
Ces deux améliorations du régime de
2007 ont donc pris fin, la première fin 2009 et la seconde fin 2010.
Le Gouvernement étant en affaires
courantes, il y a peu de chance que le régime de 2010 soit relancé en 2011.
Cela signifie qu’en 2011, on reviendra
aux conditions définies par la loi-programme du 27 décembre 2006 dont question
plus haut.
Les conditions valables en 2009 et
2009 ne sont donc plus suffisantes, puisque l’application du taux réduit était
alors plus large.
A partir de 2011, il faut à nouveau
justifier de ce que le bâtiment objet de la démolition et de la reconstruction
est bien situé dans une zone urbaine admise.
Ces zones sont définies par l'autorité
compétente des grandes villes énumérées dans les arrêtés royaux du 12 août
2000, du 26 septembre 2001 et du 28 avril 2005 en exécution de l'article 3 de
la loi du 17 juillet 2000 déterminant les conditions auxquelles les autorités
locales peuvent bénéficier d'une aide financière de l'État dans le cadre de la
politique urbaine.
Ces 32
villes où il faut favoriser la rénovation urbaine sont plus simplement
énumérées dans circulaire AAF n° 3/2007, sous le n° 79 :
-
Les centres urbains d'Anvers, Charleroi, Gand,
Ostende, Malines, Mons, La Louvière, Saint-Nicolas, Seraing et Liège.
-
Sur le territoire de la Région de
Bruxelles-Capitale : Bruxelles, Anderlecht, Saint-Gilles,
Saint-Josse-ten-Noode, Molenbeek-Saint-Jean, Schaerbeek et Forest.
-
Louvain, Bruges, Courtrai, Roeselare, Alost,
Termonde, Genk, Hasselt, Mouscron, Tournai, Verviers, Namur, Ixelles, Uccle et
Etterbeek.
Selon une
instruction administrative, il suffit que le projet soit situé dans une des 32
villes, il n’est pas requis que, dans cette ville, le site soit un chancre
urbain.
Cela
signifie que l’on peut continuer à faire exécuter les travaux avec une TVA de 6
% en 2011 et après pour la démolition suivie de la reconstruction.
Mais il faut
opérer une déclaration complémentaire pour rencontrer la condition de situation
du bien objet de la démolition et de la reconstruction.
En effet, le
texte applicable avant 2009 imposait de joindre à la déclaration une copie de la décision de l'autorité compétente
attestant du respect de la condition n° 2, étant la localisation du bien dans
une zone urbaine admissible.
De la sorte,
même si c’est très formel, la condition
de zone, applicable avant 2009 et 2010, devra de nouveaux être rencontrée en
2011, par une déclaration complémentaire de ce que le bien est situé en zone de
réhabilitation urbaine (les 32 Villes et Communes).
Les maîtres
de l’ouvrage qui ont déjà dressé leur déclaration en 2009 ou en 2010, devront
remettre une déclaration complémentaire au contrôle TVA du ressort où le bien
est situé.
En conséquence,
pour ceux qui rencontrent la condition de situation du bien, il n’est pas
nécessaire d’anticiper la facturation en 2010, d’autant que cela comporte le
risque d’abus de droit.
Transformation
et la rénovation
Qu’en est-il des autres travaux, qui portent sur la
transformation et la rénovation et non plus sur la démolition suivie de la
reconstruction ?
La circulaire n° 6 du
22 août 1986 précise les contours de la différence entre une transformation -
rénovation et une nouvelle construction.
Cette question est très importante lorsqu’il n’y a pas de
démolition préalable. La distinction entre la transformation et
l’agrandissement est également très importante.
Ces questions sont évoquées en détail dans la livraison
19/2010 de la Revue trimestrielle de la fiscalité (www.llfb.be).
Depuis le 1er
août 1986, les travaux de transformation et de rénovation sur un immeuble qui
servira au logement bénéficient du taux réduit de 6 % de la TVA.
Il faut pour cela que
la première occupation du bâtiment remonte à au moins 15 ans (circulaire n° 6
du 22 août 1986).
A dater du 1er
janvier 2000, la condition de durée fait l’objet d’un régime transitoire
portant cette condition à 5 ans (art. 1erbis AR n° 20 TVA).
Ce régime transitoire
se terminait le 31 décembre 2010 et portait sur les mêmes travaux à l’exception
des chaudières et ascenseurs.
L’arrêté royal du 17
novembre 2010 reporte l’échéance de ce régime transitoire au 30 juin 2011.
Le taux
réduit sur les premiers 50.000 €
En
2009 et 2010, il y avait encore une mesure d’encouragement à l’acquisition d’un
logement neuf, prévoyant que le taux de 6 % de la TVA sera applicable sur une
tranche de 50.000 € des travaux (art.1quinquies
AR n° 20 TVA).
Il
en résultait une économie de 7.500 €.
Le
taux réduit sur une partie du prix d’un logement neuf est une mesure qui est
réservée aux personnes physiques, à l’exclusion des sociétés et promoteurs.
Cette
mesure prend fin le 31 décembre 2010. En réalité elle ne pourrait plus être
appliquée depuis le 3 août 2010 car, le 3 juin 2010, la Commission européenne a
imposé à la Belgique de supprimer cette mesure dans les deux mois.
Il
n’empêche, le Gouvernement a décidé d’appliquer cette mesure jusqu’au 31
décembre 2010.
Le
moment où la TVA est exigible est la livraison du bâtiment (après le 1er
janvier 2009 et avant le 31 décembre 2010) ou le paiement ou encore l’émission
d’une facture entre ces dates.
Si
le bâtiment de logement n’est pas livrable, il faut donc payer ou facturer
avant le 1er janvier 2011 pour bénéficier de l’abattement de TVA de
7.500 €.
Cela
provoque des anticipations de factures pour bénéficier de la réduction et cela
place bien des promoteurs en infraction à la loi Breyne.
En
effet, l’article 10 de cette loi ne permet qu’un acompte de maximum 5 % au plus
tôt lors de la convention.
Par
la suite, à l’acte authentique, le promoteur ne peut exiger que le prix du
terrain ou le coût des ouvrages exécutés, déduction faite de l’acompte. Cette
disposition est sanctionnée pénalement.
Il
arrive que pressé par le temps, des clients demandent une facture (à payer plus
tard) pour bénéficier de la réduction de 7.500 € avant l’acte ou après l’acte
mais en excédent de ce qui peut encore être réclamé à ce moment.
Cette
pratique est bien compréhensible dans le chef du client mais elle est interdite
au promoteur.
Cela
met aussi le notaire dans une position délicate car l’acte doit attester que
les formalités et conditions de la loi Breyne ont bien été respectées.
La TVA à 6 % au 1er janvier 2011
9 février 2011, par muriel
merci pour les infos, mais qu’en est il pour les clés sur porte paiement à la reception qui ne seront terminés que 07/2011 mais dont toutes les autres conditions ont été remplies sauf le paiement evidement merci de votre réponse