Le taux réduit
de la TVA (6 %) sur la démolition suivie de la reconstruction et dont le permis
d’urbanisme a été demandé avant le 1er avril 2010, prend donc fin le 31
décembre 2010 prochain, sauf hypothétique reconduction par le gouvernement en
affaires courantes.
La tentation
est grande d’anticiper la facturation en 2010 pour conserver le taux réduit sur
la plus grande partie possible des travaux. Est-ce une bonne idée ?
Le taux de TVA
à appliquer aux livraisons de biens et aux prestations de services est celui
qui est en vigueur au moment où a lieu le fait générateur de la taxe (art. 38,
§ 1, al. 1 code de la TVA).
Pour les
travaux immobiliers qui sont des prestations de services, il s'agit normalement
du moment où les travaux sont achevés. Dans le cas de prestations de services à
caractère continu « qui donnent lieu à
des décomptes ou à des paiements successifs, la prestation de services est
considérée comme parfaite à l'expiration de chaque période à laquelle se
rapporte un décompte ou un paiement » (art. 22, § 1, al. 1 et 2 code de la
TVA).
Toutefois,
lorsqu'une facture est délivrée ou un paiement réalisé avant achèvement des
travaux, cette facture ou cet encaissement sont soumis au taux de TVA en
vigueur « au moment de la délivrance de
la facture ou au moment de l'encaissement » (art. 38, § 1, al. 2 et art.
22, § 2, al. 1 code de la TVA).
Autrement dit,
le taux réduit pourra encore être appliqué aux travaux qui seront achevés au
plus tard le 30 décembre 2010, mais aussi et surtout aux factures qui seront
délivrées et aux paiements qui seront réalisés jusqu’à cette date. Après, le
taux de 21 % sera à nouveau d'application.
Une pratique
d’anticipation de la facturation est-elle abusive ? Pour l'application de la
TVA, « il y a pratique abusive lorsque
les opérations effectuées ont pour résultat l'obtention d'un avantage fiscal
dont l'octroi est contraire à l'objectif poursuivi par le présent Code et les
arrêtés pris pour son exécution et que leur but essentiel est l'obtention de
cet avantage » (art. 1, § 10 code de la TVA.
Selon l'exposé
des motifs de la loi du 20 juillet 2006, pour savoir s'il y a pratique abusive,
il faut prendre en considération le caractère purement artificiel des
opérations.
L'assujetti a
toujours la possibilité de démontrer que «
l'opération en cause a une justification autre que la simple obtention
d'avantages fiscaux » (Doc. parl. Chambre
2005-2006 n° 51-2517/1, p. 15).
En résumé, une
accélération de la facturation est une solution pour autant que cela ne soit
pas artificiel. Il faut voir par exemple si le contrat prévoit un tel plan de
paiement ou des acomptes importants.
Sinon,
vérifier si l’on peut justifier une avance importante par des fournitures à
provisionner.