Préambule
1.
Il faut remonter aux accords de Kyoto
pour comprendre la PEB ou performance énergétique des bâtiments.
La Commission européenne a cherché le moyen
de rencontrer les objectifs de maîtrise des dépenses énergétique et le domaine
de la construction des bâtiments est évidemment un terrain d’action utile.
La directive 2002/91/CE du Parlement
européen et du Conseil du 16 décembre 2002 a introduit la notion de performance
énergétique des bâtiments.
Cette directive définit une
méthodologie commune de calcul de la performance énergétique intégrée des
bâtiments dans la Communauté européenne.
Les Etats membres doivent respecter
des normes minimales de performance énergétique des bâtiments neufs, et des
bâtiments existants lorsqu'ils font l'objet de travaux de rénovations
importants.
Pour les bâtiments neufs et existants,
à l’occasion de toute vente ou location, la performance énergétique du bâtiment
doit être certifiée au moyen d’un certificat dit de P.E.B.
C’est ce dernier aspect de la
réglementation qui nous intéresse ici.
En Région flamande, c’est un décret du
22 décembre 2006 qui transpose la directive.
Nous examinerons ici les deux arrêtés du
Gouvernement flamand qui exécutent ce décret, pour les bâtiments résidentiels
et pour les bâtiments non résidentiel.
Pour les bâtiments publics, nous
renvoyons nos lecteurs à l‘arrêté du 20 avril 2007 instaurant le certificat de
performance énergétique pour les bâtiments publics.
Pour connaître l’intégration P.E.B. au
niveau européen, nous renvoyons enfin nos lecteurs vers le site www.buildup.eu.
2.
En Flandre, donc, tout bien
immobilier qui sera vendu, ou attribué à un nouveau locataire doit être certifié
quant à ses qualités énergétiques.
Cette certification
est matérialisée par un certificat de performance énergétique, reprenant le
résultat du calcul de l’efficience énergétique totale du bâtiment.
L’intérêt majeur du
certificat de performance énergétique est de permettre au futur locataire ou
propriétaire de mieux déterminer le coût énergétique d’un bâtiment et dès lors
de comparer ce coût avec celui d'autres biens.
En offrant cette
possibilité de comparaison, le certificat de performance énergétique apporte
plus de transparence au marché de l’immobilier.
Il joue un rôle
déterminant dans l’appréciation de la valeur d’un bien.
Insistons d’emblée
sur le fait qu’à ce jour (18 janvier 2010), en Région flamande, les obligations
de P.E.B. sont définies tant pour les bâtiments résidentiels que non
résidentiels, mais elles ne sont déjà en vigueur que pour les bâtiments non
résidentiel.
Les
bâtiments RESIDENTIELS (arrêté du Gouvernement flamand du 11 janvier 2008)
Le certificat de performance
énergétique pour bâtiments résidentiels
3.
Le certificat de performance énergétique pour bâtiments résidentiels reprend le résultat du calcul de l'efficience
énergétique totale d'un bâtiment exprimée par un ou plusieurs indicateurs
numériques.
Ce certificat a une durée de validité de dix ans, à dater de son
établissement. Dés lors si un bien est vendu dans ce délai, un nouveau
certificat de performance énergétique ne devra pas être réalisé.
Le certificat de performance énergétique est relatif à une seule unité de
logement (résidentiel).
Cela implique, par exemple, que les chambres d’étudiants ne disposant pas
de cuisine et de salle de bain ne constituent pas à ce titre une unité de
logement. Dans cette hypothèse le certificat de performance énergétique ne
devra être réalisé que pour l’ensemble du bâtiment.
4.
En ce qui concerne les parties de bâtiment ayant une affectation non
résidentielle et un volume protégé de moins de 800 m³, celles-ci peuvent
également être reprises dans le certificat de performance énergétique bâtiments
résidentiels.
Cette incorporation n’est cependant possible que pour autant que la
quote-part des parties résidentielles de bâtiment soit supérieure à celles des
parties non résidentielles de bâtiment.
Cette possibilité exclut les parties de bâtiments ayant une affectation
industrielle.
5.
Enfin le certificat de performance énergétique est établi par un expert
énergétique type A, c’est-à-dire une personne physique régie par le statut
social d'indépendant ou de collaborateur rémunéré d'une personne morale qui
établit des certificats de performance énergétique pour des bâtiments
résidentiels.
Cet expert utilise le logiciel de certification, mis à disposition par
l'Agence Flamande de l'Energie.
Les mentions obligatoires
6.
Plusieurs données doivent être reprises dans le certificat de performance
énergétique, il s’agit :
1° La date à laquelle ce
certificat a été établi;
2° L'identification de l'expert
énergétique;
3° Les données spécifiques du
bâtiment (adresse et affectation);
4° L'expression de la performance
énergétique du bâtiment à l'aide du nombre indicatif avec mention des valeurs
de référence.
Le nombre indicatif correspond au « rapport entre, d'une part, la consommation énergétique primaire
nécessaire au chauffage, à la production d'eau chaude sanitaire, au
refroidissement et à la ventilation d'un bâtiment, et, d'autre part, la surface
au sol utile du bâtiment, notamment la somme des superficies brutes des sols de
tous les niveaux à l'intérieur du volume protégé du bâtiment, telle que
calculée suivant les spécifications établies par l'Agence Flamande de
l'Energie »;
5° Le code unique c’est-à-dire le code qui identifie le certificat de
performance énergétique bâtiments résidentiels et qui contient entre autres une identification de la
situation du bâtiment et de l'expert énergétique type A;
6° Les recommandations en vue de l'amélioration du rapport
coût/efficience de la performance
énergétique du bâtiment.
Transfert du certificat de performance
énergétique bâtiments résidentiels en cas de vente et de location.
7.
Depuis le 1er
novembre 2008, tout propriétaire souhaitant mettre en vente un immeuble
résidentiel doit disposer d'un certificat de performance énergétique bâtiments
résidentiels.
La nécessité de l’existence d’un certificat de performance énergétique
pour la vente concerne seulement : « la vente pure et simple de l’ensemble en pleine propriété ».
En cas de vente de l’usufruit ou par exemple d’expropriation ou de
donation, aucun certificat ne devra dès lors être établi.
C’est là une
différence majeure avec la Région de Bruxelles-Capitale et la Région wallonne.
Les règlementations de ces Régions visent en effet tant la vente que la
constitution de droits réels tels que l’emphytéose, la superficie et l’usufruit
(mais pas l’hypothèque).
Le propriétaire devra, à la suite d’une simple demande du
candidat-acheteur produire un certificat de performance énergétique valable. En
cas de vente du bien, il sera contraint de transférer le certificat à
l'acheteur.
8.
Toute personne qui établit un acte de gré à gré relatif à
la vente d’un bâtiment résidentiel, doit mentionner s’il existe un certificat
de performance énergétique valable et s’il a été porté à la connaissance du
vendeur.
Le notaire instrumentant mentionnera également dans
l’acte authentique si le certificat de performance énergétique a été mis à la
disposition de l’acheteur.
Si le notaire constate lors de la passation de l’acte
authentique qu’aucun certificat de performance énergétique valable n’est
disponible, il devra en informer immédiatement l’Agence de l’énergie Flamande.
La vente n’est donc pas invalidée pour autant.
9.
Depuis le 1er
janvier 2009, l’obligation de disposer d’un certificat de performance
énergétique incombe également au propriétaire qui désire louer un bâtiment
résidentiel.
Par la location, il y a lieu d’entendre la location
normale, pour autant qu’il s’agisse d’une location pendant une période de plus
de deux mois, d’une location commerciale, d’un leasing immobilier et de
concessions de bâtiments non-résidentiel.
Ce certificat devra être produit sur simple demande du candidat-locataire.
Si le bail est conclu, le propriétaire du bâtiment transmettra une copie
du certificat au locataire.
Enfin, le propriétaire d'un bâtiment résidentiel ou d’une unité de
logement disposant d’un certificat de performance énergétique valable au moment
de la construction et portant sur l'ensemble du bâtiment ou de l’unité de
logement, peut utiliser ce certificat pour satisfaire à son obligation.
L'audit énergétique
10.
L’audit énergétique est une analyse de l'efficacité énergétique d'un
bâtiment résidentiel existant. Cette analyse aboutit à un rapport détaillé
permettant d'identifier, de quantifier et d'établir les priorités des mesures
d'économie d'énergie.
A la différence du certificat de performance énergétique celui-ci n’est pas
obligatoire. L’audit énergétique est réalisé à la demande d’un particulier
et en concertation avec celui-ci.
L’analyse est réalisée à l'aide d’un logiciel par un expert énergétique
type B (art.7).
11.
Avant la réalisation de l’audit, l'expert énergétique type B devra
informer le demandeur de la procédure (art.8).
Une fois l'audit énergétique réalisé, l'expert énergétique type B apposera sur
la facture ou la note des honoraires la mention suivante : « Expert énergétique agréé par la Région
flamande avec le numéro d'agrément (à remplir par l'expert énergétique»
Il est intéressant de remarquer que les dépenses réalisées dans le cadre
d’une procédure d’audit peuvent faire l’objet d’une réduction d’impôt.
L'attestation[1]
produite par le logiciel d'audit servira à l’établissement de cette réduction
(Code des impôts sur les revenus 1992, art. 145-24, alinéa 1er 7°, inséré par
la loi du 10 août 2001).
Contrôle sur les formations suivies et
les activités des experts énergétiques type A et type B
12.
Il appartient à l'Agence flamande de l'Energie de vérifier si un expert
énergétique type A ou type B répond à la condition de formation reprise aux articles
9 et 11 de Arrêté
du Gouvernement flamand du 11 janvier
2008.
L'Agence flamande de l'Energie peut également effectuer des contrôles sur
la qualité des audits énergétiques et des certificats de performance
énergétique.
En cas d'infraction à la réglementation, ou lorsque le certificat de
performance énergétique témoigne d'une qualité insuffisante, l'Agence flamande
de l'Energie peut, après avoir entendu le propriétaire et l'expert énergétique,
retirer le certificat de performance énergétique.
Elle devra à ce titre informer le propriétaire du bâtiment de sa décision
par lettre recommandée.
13.
Le propriétaire risque également dans ce cas d’être tenu
au paiement d’une amende de 500 à 5.000 €.
Il pourra cependant former un
recours auprès du Ministre dans un délai de trente jours à dater de la
notification de la décision de l'Agence flamande de l'Energie. Il pourra
également demander d'être entendu.
La décision du Ministre chargé de la politique de l’énergie ou son
délégué devra intervenir dans un délai de trente jours à dater de la réception
du recours.
A défaut, le recours est
recevable.
Arrêté
du Gouvernement flamand du 5 décembre 2008 instaurant le certificat de
performance énergétique pour bâtiments NON-RESIDENTIELS[2]
Le certificat de performance
énergétique pour bâtiments non-résidentiels
14.
Le certificat de performance énergétique pour les
bâtiments non-résidentiels (bureaux, magasin, etc.) est régi par l’arrêté du Gouvernement flamand du 5
décembre 2008.
La date d’entrée
en vigueur de cet Arrêté n’est pas encore connue.
Le certificat de performance énergétique pour les
bâtiments non-résidentiels doit être établi par un expert énergétique type D, à
l’aide d’un logiciel de certification.
L’expert type D est une personne physique agissant en
tant qu’indépendant ou de collaborateur rémunéré d’une personne morale qui
établit le certificat de performance énergétique pour des bâtiments
non-résidentiels.
15.
Au regard de l’Arrêté
du Gouvernement flamand du 5 décembre 2008 les bâtiments non-résidentiels sont tous les bâtiments à
l’exception :
-
des bâtiments résidentiels,
-
des bâtiments isolés avec une surface au sol
utile de moins de 50 m²,
-
des bâtiments temporaires qui en principe
sont utilisés pendant moins de deux ans,
-
des bâtiments utilisés pour les cultes et les
activités religieuses,
-
des immeubles industriels,
-
des ateliers ou des bâtiments d’une
entreprise agricole non destinés au logement;
Les parties du bâtiment avec une affectation
résidentielle dont le volume est égal ou inférieur à 800 m³, peuvent être
reprises dans le certificat de performance énergétique pour bâtiments
non-résidentiels.
Dans cette hypothèse la quote-part des parties
non-résidentielles du bâtiment doit être égale ou supérieure à la quote-part
des parties résidentielles du bâtiment.
Les mentions obligatoires
16.
Tout comme le certificat de performance énergétique
bâtiments résidentiels, celui pour
bâtiments non-résidentiels doit comporter les données suivantes :
1° La date à laquelle
le certificat de performance énergétique a été établi;
2°
L’identification de l’expert énergétique;
3° Les données
spécifiques du bâtiment, telles que l’adresse et l’affectation;
4° L’expression de la performance énergétique du bâtiment
à l’aide du nombre indicatif avec
mention des valeurs de référence.
5° Le code unique;
6° les recommandations en vue de l’amélioration du
rapport coût/efficience de la performance énergétique du bâtiment.
Au même titre que le certificat de performance énergétique
pour bâtiments résidentiel ce certificat à une durée de validité de 10 ans à
dater de son établissement.
Vente et location de bâtiments
non-résidentiels
17.
Tout propriétaire qui désire vendre un bâtiment
non-résidentiel doit disposer d’un certificat de performance énergétique
valable (art.4).
Il appartient au propriétaire de pouvoir produire ce
certificat et ce sur simple demande du candidat-acheteur.
En cas de vente, ce certificat sera également transféré à l’acheteur.
18.
Le notaire devra
reprendre dans l’acte authentique la déclaration de l’acheteur et du
vendeur ou de leurs délégués « si
l’acheteur a été informé avant la passation de l’acte authentique de
l’existence et du contenu du certificat de performance énergétique pour
bâtiments non-résidentiels ».
Le notaire mentionnera également dans l’acte authentique si le certificat de
performance énergétique a été mis à la disposition de l’acheteur.
Il reprendra également la date et le code unique du
certificat de performance énergétique pour bâtiments non-résidentiels.
Si le notaire constate lors de la passation de l’acte
authentique qu’il n’existe aucun certificat de performance énergétique valable,
il devra en informer immédiatement la l'Agence
flamande de l'Energie.[3]
19.
Tout propriétaire voulant mettre un bâtiment
non-résidentiel en location devra également disposer d’un certificat de
performance énergétique pour bâtiments non-résidentiels[4].
Sur simple demande du candidat-locataire, il appartiendra
au propriétaire de produire un certificat de performance énergétique valable.
Une copie de ce certificat sera transmise au locataire en
cas de conclusion du bail.
Enfin, le propriétaire d’un bâtiment non-résidentiel
disposant déjà un certificat de performance énergétique valable au moment de la
construction et se rapportant à l’ensemble du bâtiment, pourra utiliser ce
certificat de performance énergétique
pour satisfaire à son obligation en matière de certificat de performance
énergétique.
Agrément en tant qu’expert énergétique
type D
20.
Pour pouvoir être agréé en tant qu’expert énergétique
type D par la Région flamande, le candidat-expert énergétique répond aux
conditions suivantes :
-
Etre titulaire d’une attestation délivrée par
l’Agence Flamande de l’Energie;
-
S’engager à respecter la déclaration sur
l’honneur pour experts énergétiques type D.
La liste des experts énergétiques type D est publiée sur
le site web de l'Agence flamande de
l'Energie.
21.
Les fonctionnaires de l'Agence flamande de l'Energie peuvent effectuer les contrôles
nécessaires quant au certificat de performance énergétique pour bâtiments
non-résidentiels afin de dépister les infractions.
En cas d’infraction à la réglementation, ou lorsque le
certificat de performance énergétique témoigne d’une qualité insuffisante, l'Agence flamande de l'Energie peut,
après avoir entendu le propriétaire et l’expert énergétique ayant établi le
certificat de performance énergétique, retirer le certificat de performance
énergétique en question.
22.
L'Agence flamande de l'Energie informe le
propriétaire du bâtiment pour lequel le certificat de performance énergétique a
été établi, de sa décision par lettre recommandée.
Le propriétaire concerné peut former un recours auprès du
Ministre dans un délai de trente jours suivant la notification de la décision
de l'Agence flamande de l'Energie.
Il peut demander à être entendu.
Le Ministre ou son délégué (le Ministre flamand chargé de
la politique de l’énergie) décide dans un délai de trente jours à dater de la
réception du recours.
En l’absence de notification dans le délai requis, le
recours est réputé recevable.