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Une date butoir est-elle un délai ?

Cass., 5 mai 2008
samedi 28 juin 2008. Un article de Gilles CARNOY
La règle reportant l’échéance d’un délai au premier jour ouvrable est applicable aux délais déterminés par le juge en application de l’article 747 du Code judiciaire 

Tous les avocats savent que lorsqu’un délai expire un samedi ou dimanche, il est reporté au premier jour ouvrable qui suit.

Cette règle est déposée dans l’article 53 du Code judiciaire.

Mais cet article ne s’applique qu’aux délais.

Prenons un délai pour communiquer et déposer les conclusions.

Si l’ordonnance fondée sur l’article 747 impartit un mois, ou 40 jours, c’est bien un délai, à savoir un laps de temps autorisé pour accomplir un acte de procédure.

Mais qu’en est-il si l’ordonnance pose que les conclusions doivent être déposées pour telle date au plus tard, et non dans un mois ?

Autrement dit, une date butoir est-elle un délai ?

Depuis la loi du 26 avril 2007 réformant le Code judiciaire, le juge du 747 ne fixe plus des délais (un mois par exemple), mais fixe une date ultime (30 juin par exemple).

Selon certains auteurs, dès lors qu’il ne s’agit plus de délai, les articles 48 à 54 du Code judicaire qui régissent le calcul des délais, ne s’appliquent pas (J. Englebert, La mise en état de la cause et l’audience des plaidoiries, in le procès civil accéléré, premier commentaire de la loi du 26 avril 2007 modifiant le Code judiciaire en vue de lutter contre l’arriéré judiciaire, Larcier 2007, page 125).

Il en résulte que le report au premier jour ouvrable ne s’appliquerait pas si la date butoir tombe un samedi.

Cette opinion n’est pas unanime. Annick Bouché dit le contraire (La mise en état et l’audience des plaidoiries selon la loi du 26 avril 2007 modifiant le Code judiciaire en vue de lutter contre l’arriéré judiciaire, J.T., 2007, p. 559).

Messieurs Scheers et Thiriar enseignent la même chose, prenant le contre-pied de ce qu’exprime M. Englebert (Het gerechtelijke recht in de hoogste versnelling, Interscientia, Antwerpen-Oxford, p. 35, note 114).

Qu’en est-il en définitive ?

Il semble bien que la Cour de cassation ait réglé la question.

Dans un arrêt du 5 mai 2008, la Cour de cassation dit ceci :

« En vertu de l’article 53 du Code judiciaire, lorsque le jour de l’échéance d’un délai établi pour l’accomplissement d’un acte de procédure est un samedi, un dimanche ou un jour férié légal, il est reporté au plus prochain jour ouvrable.

Cette disposition est applicable aux délais déterminés par le président ou par le juge désigné par celui-ci en application de l’article 747, § 2, dudit code.  Le moyen, qui soutient le contraire, manque en droit. »

Cet arrêt a été rendu sous l’ancien régime de l’article 747 du Code judiciaire, mais la lecture du moyen montre qu’il s’agissait d’une date butoir et non d’un délai à proprement parler.

Et la Cour de cassation a donc choisi de traiter la fixation d’une date butoir comme un délai.

L’arrêt présente donc toute son importance dans le nouveau régime de l’article 747.

Et c’est très bien ainsi : une date butoir répond en effet à la définition d’un délai, à savoir un laps de temps autorisé pour accomplir un acte.

Dans la pratique cette interprétation était largement partagée.

Cass., 5 mai 2008, n° C.06.0489.F, www.juridat.be.

Un article de  Gilles CARNOY
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7 juillet 2008

Cet arrêt est confirmé par celui du 12 juin 2008 (rôle n° C.07.0236.N) :

1. Krachtens het toepasselijke artikel 745, eerste lid, van het Gerechtelijk Wetboek worden alle conclusies aan de tegenpartij of aan haar advocaat gezonden tezelfdertijd als zij ter griffie worden neergelegd. Krachtens het toepasselijke artikel 747, §2, vijfde lid, van het Gerechtelijk Wetboek, bepaalt de voorzitter of de door hem aangewezen rechter de termijnen om conclusie te nemen en de rechtsdag. Krachtens het toepasselijke zesde lid van diezelfde bepaling worden, onverminderd de toepassing van de uitzonderingen bedoeld in artikel 748, §§1 en 2, de conclusies die zijn overgelegd na het verstrijken van de termijnen in het voorgaande lid, ambtshalve uit het debat geweerd. 2. Wanneer de rechter bij toepassing van voormelde bepaling termijnen bepaalt om conclusie te nemen, moeten telkens zowel de neerlegging van de conclusie ter griffie als de gelijktijdige toezending ervan aan de tegenpartij binnen de bepaalde termijn plaatsvinden. 3. Krachtens artikel 53 van het Gerechtelijk Wetboek wordt de vervaldag van de termijnen voor het verrichten van proceshandelingen verplaatst op de eerstvolgende werkdag, wanneer de vervaldag een zaterdag, een zondag of een wettelijke feestdag is. 4. De neerlegging van de conclusie ter griffie en de gelijktijdige toezending ervan aan de tegenpartij zijn proceshandelingen in de zin van artikel 48 van het Gerechtelijk Wetboek, zodat de door de rechter bepaalde termijn die verstrijkt op een zaterdag, een zondag of een wettelijke feestdag overeenkomstig artikel 53 van dit Wetboek wordt verplaatst op de eerstvolgende werkdag. 5. De appelrechters stellen vast dat :
-   de overeenkomstig artikel 747, §2, van het Gerechtelijk Wetboek bepaalde termijn voor de eisers om conclusie te nemen verstreek op 15 juli 2006 ;
-   de eisers hun conclusie pas op 17 juli 2006 ter griffie hebben neergelegd ;
-   de eisers hun conclusie op 18 juli 2006 aan de tegenpartij(en) hebben overgelegd. De appelrechters beslissen deze conclusie, omdat ze naar hun oordeel laattijdig ter griffie werd neergelegd, uit het debat te weren. 6. De appelrechters die aldus de datum voor de neerlegging van de conclusie van de eisers niet verplaatsen op maandag 17 juli 2006, verantwoorden hun beslissing niet naar recht. Het onderdeel is in zoverre gegrond.