La loi du 20 février 1991 comporte à présent un
article 1bis.
Cet article a été ajouté par la loi du 26 avril
2007 mais on en parle déjà dans la loi du 25 avril 2007.
Or la loi du 25 avril fut publiée le 8 mai tandis qu'il
fallut attendre le 5 juin pour prendre connaissance de celle du 26 avril.
Cela explique que de nombreux juriste, dont
l'auteur de ces lignes, ont étudié la loi du 25 avril dès
sa publication, en se demandant pourquoi il y était question d'un article 1bis que la loi ne contenait pas …
Que dit cet article 1bis ?
Que le bail de résidence principale du preneur
doit être établi dans un écrit qui
doit mentionner :
-
L'identité
de toutes les parties contractantes,
-
La date
de prise en cours,
-
La désignation
du bien loué,
-
Le montant
du loyer.
On se doutait un peu de ce que le bail de
résidence devait dorénavant faire l'objet d'un instrumentum.
Il y a d'abord la formalité de l'enregistrement
qui est obligatoire et qui suppose un écrit.
Rappelons à cet égard qu'à partir du 1er
juillet 2007, si le bail n'est pas enregistré, le locataire (bail de 9 ans) peut
donner congé sans préavis ni indemnité.
Il y a ensuite l'obligation de porter des annexes au bail de résidence.
Cette obligation a été imposée par la loi du 25
avril 2007.
Quelles annexes ?
-
L'état
des lieux qui doit être enregistré avec le bail (art. 1730 § 1 nouveau du Code
civil),
-
Les
conditions minimales, définies par un arrêté royal, pour que le bien loué
réponde aux exigences élémentaires de sécurité, de salubrité et d'habitabilité
(art. 2 «§ 1 nouveau de la loi du 20 février 1991),
-
Les
annexes de l'article 11bis de la loi
du 20 février 1991, qui reprennent d'ailleurs les conditions minimales dont
question ci-dessus.
Ce sont les articles 100 à 102 de la loi du 25 avril
2007 portant des dispositions diverses (IV) qui ont définis ces documents
devant être annexés au bail de résidence principale.
Il est évident que pour annexer un document à un
bail, il faut bien que ce bail soit écrit …
C'est donc pourquoi la loi du 26 avril 2007 porte
que le bail de résidence doit être établi par écrit.
Cette loi du 26 avril 2007 entre en vigueur le 15
juin 2007.
Cependant, c'est la loi de la veille, 25 avril
2007, en vigueur le 18 mai 2007, qui modifie l'article 1714 du Code civil qui
disait que l' « on peut louer
ou par écrit, ou verbalement ».
Dorénavant, et logiquement, c'est « sauf dispositions légales
contraires » que l'on peut louer ou par écrit, ou verbalement.
Ces dispositions légales contraires, c'est bien la
loi sur le bail de résidence principale.
Chambres pour étudiants
Notons que le bail impérativement (sic) écrit s'applique aussi aux chambres
d'étudiants (art. 1714bis nouveau du
Code civil inséré par la loi du 25 avril 2007).
Ce sont donc les baux de résidence principale et
les « kot » d'étudiants conclus à partir du 15 juin 2007 qui doivent
faire l'objet d'un écrit.
Revenons aux annexes à joindre au bail écrit de
résidence principale (la chambre de l'étudiant aussi si elle constitue bien la
résidence principale de l'étudiant).
Les annexes : l'état des lieux
Cet état des lieux est :
-
Détaillé,
-
Etabli
contradictoirement,
-
A
frais communs,
-
Dressé
avant l'occupation ou durant le premier mois d'occupation.
C'est le nouvel alinéa 1er du § 1er
de l'article 1730 du Code civil.
L'alinéa 2 subsiste. Il s'agit de la procédure
auprès du juge de paix si l'une des parties refuse de consentir à l'état des
lieux.
Rappelons que selon l'alinéa 2 de l'article 1730 §
1, l'action doit être engagée dans le mois, ce qui est fort court, ou dans les
15 jours si le bail à moins d'un an.
Ce dernier délai de 15 jours est étrange vu que
l'alinéa 1er de l'article
1730 § 1er a supprimé ce délai de 15 jours … Sans doute un oubli du
législateur.
L'enregistrement de l'état des lieux
L'état des lieux doit être enregistré. La loi dit
ceci :
« Il
(l'état des lieux) est annexé au contrat de bail écrit, … et
sera également soumis à enregistrement ».
Le terme également
porte à confusion. L'état des lieux doit-il être enregistré comme tel ou avec
le bail dont il n'est qu'une annexe (un seul acte, un seul enregistrement).
C'est justement comme annexe au bail qui doit être
enregistré, que l'état des lieux doit l'être.
Il ne faut donc qu'un seul enregistrement
(gratuit).
Mais quid
si le bail est enregistré avant que l'état des lieux d'entrée soit
dressé ?
Rappelons que le bail doit être enregistré dans
les 2 mois et que l'état d'entrée doit être dressé dans le mois. Il faut donc
que l'expert ne traîne pas plus d'un mois pour remettre son constat.
Cet état des lieux dressé après l'enregistrement
du bail devra-t-il, à son tour, être enregistré ?
On doit bien le penser puisque la loi en dispose
ainsi.
L'enregistrement sera au droit fixe général (25 €)
puisqu'il s'agit d'un acte portant exécution ou complément d'un acte enregistré
(art. 13, 2° CDE).
La gratuité de l'article 161, 12° CDE n'est
reconnue qu'au bail de « logement de
résidence » (renvoi à l'art. 19, 3° a) sic), de sorte que l'état des lieux non enregistré avec le bail ne
bénéficiera pas de la gratuité.
Ce n'est évidemment pas très logique.
Rappelons enfin que, comme auparavant (loi du 29
décembre 1983), si des modifications importantes ont été apportées auxlieux
loués après la confection de l'état d'entrée, on peut exiger un complément d'état
des lieux en cours de bail.
Comme le nouvel article 1730 vise seulement l'état
des lieux réalisé dans le mois de l'occupation, ce complément d'état des lieux
ne devra pas être enregistré ni joint au bail, à notre avis.
Les autres annexes : l'article 11bis
nouveau
Ces annexes, une par Région du pays, sont établies
par arrêté royal. Voici donc le Fédéral qui établit des textes réglementaires
par Région !
La loi, publiée le 8 mai 2007 au Moniteur Belge,
entre en vigueur le 18 mai 2007.
L'annexe doit être jointe au bail (donc forcément
écrit) conclu après l'entrée en vigueur de la loi, c'est-à-dire au bail conclu
à partir du 18 mai 2007.
Mais la loi disant que le bail de résidence
principale doit être écrit entre quant à elle en vigueur le 15 juin 2007.
De plus, si la loi imposant l'annexe vise les baux
conclu à partir du 18 mai 2007, c'est seulement le 21 mai 2007 que les annexes
(A.R. du 4 mai 2007) ont été publiées au Moniteur Belge.
Elles ont été modifiées par une publication au M.B. du 31 mai 2007.
Pas facile d'être bailleur …
Les annexes couvrent rien moins que les matières
suivantes :
-
Normes
de salubrité,
-
Sécurité
et habitabilité,
-
Explication
sur la nature d'une règle impérative,
-
Dispositions
relatives au bail écrit,
-
A l'enregistrement
et à la gratuité de l'enregistrement ;
-
Durée
du bail,
-
Possibilités
de révision du loyer,
-
Indexation,
-
Charges,
-
Règles
en matière de réparations locatives,
-
Possibilités
de mettre fin au bail,
-
Dispositions
liées au changement de propriétaire,
-
Possibilités
pour les parties de pouvoir être assistées en cas de litige.
Nos lecteurs trouveront ces textes dans les
langues concernées en annexe du présent article, du moins dans la première
version seule accessible dans un format copiable.
Information et protection
Il est clair que cet article 11bis nouveau vise à protéger le preneur
même si ce n'est pas indiqué dans la loi.
De fait, les modifications insérées par la loi du
25 avril 2007 portant des dispositions diverses IV (sic) sont clairement
protectrices du preneur.
C'est manifestement lui qui est protégé, mais il
faut être deux pour signer un bail.
Alors qu'en est-il si l'annexe fait défaut au bail
?
L'absence de l'annexe n'est pas une cause de
nullité de plein droit de la convention car, comme on le verra plus loin, cette
formalité ne fait pas du bail un contrat solennel.
Le bailleur est investi d'une obligation d'information
dont le non respect entraîne sa responsabilité et l'obligation d'indemniser les
conséquences dommageables du défaut d'information.
C'est assez singulier en définitive.
En effet, si l'annexe du contrat fait défaut, c'est
la responsabilité des deux parties : un bail, comme le tango, est une
chose qui se fait à deux.
Le bailleur risquerait même de se trouver victime
d'un bail dont son locataire aurait refusé de signer l'annexe …
La doctrine et la jurisprudence à venir nous
éclaireront à ce sujet.
Le bail de résidence principale : contrat solennel ?
L'exigence d'un écrit est une formalité ad probationem
et non une solennité dont dépend la formation du contrat.
En effet, la loi du 26 avril 2007 prévoit des dispositions dans le cas où
le bail n'aurait pas fait l'objet d'un écrit.
Ces dispositions ne font pas dépendre l'existence
du bail de l'accomplissement des formalités.
La partie qui invoquera ce manquement doit d'abord
mettre l'autre partie en demeure (par lettre recommandée ou par exploit
d'huissier) de recevoir le contrat dans un écrit contenant les mentions
indiquées plus haut.
Faute de recevoir satisfaction, elle peut, après 8
jours, saisir le juge de paix et requérir que le jugement vaudra bail écrit.
La loi précise que « la compétence du juge est limitée par l'existence préalable d'un
contrat oral entre les parties ».
C'est encore un paradoxe : voici une
formalité destinée à prouver le bail, que l'on peut forcer chez le juge … à
condition de prouver le bail.
> Le bail de résidence principale est un contrat écrit et muni d’annexes obligatoires
3 septembre 2007, par Georges Raes
En examinant l’annexe à l’Arrêté Royal du 04.05.2007, je relève au point 4) a libellé " Remarque générale concernant le début des délais de préavis " :QUE DANS TOUS LES CAS OU LE PREAVIS PEUT A TOUT MOMENT ETRE DONNE,LE DELAI DE PREAVIS PREND COURS LE PREMIER DU MOIS AU COURS DUQUEL LE PREAVIS EST DONNE. Or et sauf erreur de ma part le préavis prend cours le premier du mois qui suit. Erreur ou changement de la loi sur ce point ?
> Le bail de résidence principale est un contrat écrit et muni d’annexes obligatoires
3 septembre 2007, par CARNOY, Gilles
Vous avez raison, c’est une erreur.
> Le bail de résidence principale est un contrat écrit et muni d’annexes obligatoires
23 septembre 2007, par Georges RAES
Merci de me le confirmer. Je pense cependant que ce texte a été publié tel quel au moniteur.Quelle est donc la portée juridique de cette erreur ? Un locataire pourrait s’en prévaloir ?
> Le bail de résidence principale est un contrat écrit et muni d’annexes obligatoires
30 octobre 2007, par sheba
C’est pas simple mais ceci concerne probablement les baux de 9 ans qui peuvent être rompu avant l’échéance finale sans date déterminée au préalable. Dans ce cas, l’indemnité de rupture ce calcule en fonction du fait que le locataire se trouve dans le 1er, le 2ème ou le dernier tirs du bail de neuf ans. La date prise alors est sans doute le 1er du mois qui suit l’information de renom ? Puisque les autres cas sont requièrent un préavis donné à date fixe( quelques mois avant son échéance)
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