L'article 442bis
du Code pénal a été inséré par la loi du 30 octobre 1998.
Cette disposition érige le harcèlement en
infraction pénale.
Plus précisément, l’article 442bis punit « quiconque aura harcelé une personne alors qu'il savait ou aurait
dû savoir qu'il affecterait gravement par ce comportement la tranquillité de la
personne visée ».
La peine est un emprisonnement de quinze jours à
deux ans et d'une amende de 50 € à 300 €, ou de l'une de ces peines seulement.
La loi prévoit que le délit ne pourra être
poursuivi que sur la plainte de la victime.
Cette infraction a suscité de nombreuses questions
à la Cour d’arbitrage.
L’absence de définition légale du harcèlement a
fait problème au regard de l’article 12 de la Constitution.
L’article 12 consacre le principe de la légalité
en matière pénale : « nul ne
peut être poursuivi que dans les cas prévus par la loi, et dans la forme
qu'elle prescrit ».
On en déduit que la loi pénale doit être formulée en des
termes qui permettent à chacun de savoir, au moment où il adopte un comportement,
si ce comportement est ou non punissable.
Pour cela les éléments de l’infraction doivent
pouvoir être définis ou du moins compris par tous.
Dans un important arrêt n° 71/2006 du 10 mai 2006,
statuant sur pas moins de 5 questions préjudicielles, la Cour d’arbitrage a dit
que l’article 442bis ne viole pas les articles 12 et 14 de la Constitution.
Ce faisant, la Cour s’est attachée à définir les
contours de la notion désormais légale de harcèlement.
Une des questions qui se posaient était de savoir
si un acte suffisait, ce que le texte de l’article 442bis n’excluait pas, ou si le harcèlement devait nécessairement
procéder d’une répétition d’actes.
C’est l'adoption à l'unanimité, lors des travaux
parlementaires, d’un amendement supprimant les mots « de façon répétée »
qui a jeté le trouble.
La Cour d’arbitrage a été claire au point
B.6.2 de son arrêt.
Selon elle, le législateur n’a pas voulu s’écarter
du sens commun du mot harcèlement, qui renvoie à la répétition d'actes.
Le législateur n’a pas davantage voulu étendre le
champ d'application de la loi aux actes isolés.
La Cour de cassation adopte la même approche dans
un arrêt du 21 février 2007 (Cass. 21 février 2007,
section française, 2e chambre, rôle n° P061415F, www.juridat.be).
Citons les attendus forts clairs de l’arrêt :
« Ledit article [l’article 442bis] punit celui qui, par des agissements
incessants ou répétitifs, porte gravement atteinte à la vie privée d'une
personne en l'importunant de manière irritante, alors qu'il connaissait ou
devait connaître cette conséquence de son comportement.
Il appartient au juge du
fond d'apprécier en fait la réalité de l'atteinte à la tranquillité de la
victime, la gravité de cette atteinte, le lien de causalité entre ce
comportement et ladite atteinte ainsi que la connaissance que l'auteur avait ou
devait avoir des conséquences de son comportement.
Il revient toutefois à la
Cour de vérifier si, des faits qu'il a constatés, le juge a pu déduire que ce
comportement était incessant ou répétitif. »
Le doute n’est à présent plus permis.
L’infraction de harcèlement requiert un comportement incessant ou
répétitif.
Cet arrêt complète donc l’éclairage donné par la Cour d’arbitrage.
Non seulement, l’acte isolé ne peut être pris en compte mais il faut
aussi que la séquence d’actes constitue un « comportement
incessant ou répétitif ».
La question qui se pose à présent est de savoir si des actes répétés
mais dans une période fort courte peuvent encore être considérés comme du
harcèlement.
Terminons en précisant que la Cour d’arbitrage a aussi considéré qu’était
discriminatoire le fait de sanctionner plus lourdement le harcèlement par
télécommunication par rapport au harcèlement de droit commun.
Enfin, concernant le bien-être des travailleurs sur les lieux du
travail, la Cour d’arbitrage a relevé que l’incrimination pénale en la matière
était trop floue pour rencontrer les exigences du principe de légalité de
l’article 12 de la Constitution.
Harcèlement : un acte isolé ou des actes répétés ?
5 février 2008
je subis depuis une année un harcèlement par mon patron je suis français et je travaille en Belgique je ne sais pas comment faire pour que cela arrète et qui aller voir exactement.Pourriez vous m’orienter pour que cela cesse , je suis en arrèt régulièrement pour dépression j’ai envie de travailler mais le harcèlement incessant me tuer à petit feu.Merci d’avance.