La convention collective de travail n° 85 du 9
novembre 2005, conclue au sein du C.N.T. concernant le télétravail est rendue
obligatoire par l’A.R. du 13 juin 2006 (M.B. du 5
septembre 2006).
Introduction
Cette convention, qui résulte de nombreuses
concertations sociales, exécute l’accord-cadre européen sur le télétravail du
16 juillet 2002.
Des conventions sectorielles ou d’entreprise
pourront en préciser les modalités d'application.
Rappelons que la notion de télétravail vise un
travail qui aurait également pu être réalisé dans les locaux de l'employeur, mais
qui est effectué hors de ces locaux de façon régulière et non occasionnelle.
La convention ne vise pas les télétravailleurs
mobiles comme les représentants de commerce ou les techniciens intervenant chez
les clients.
La convention ne vise pas davantage le télétravail
réalisé dans un bureau satellite de l'employeur. Le télétravail est presté chez
le travailleur ou dans un lieu qu’il choisit.
Les grands principes du régime mis en place par la
C.C.T. sont les suivants :
Caractère volontaire
Soit le télétravail est inscrit dans le job
description lors de l’engagement et il est contractuel ;
Soit il n’est pas prévu dans le contrat. Il doit
alors rester volontaire, ce qui signifie :
-
Le
travailleur comme l’employeur peuvent refuser une demande de télétravail,
-
La
décision de passer au télétravail est réversible.
Accord écrit
La décision de recourir au télétravail doit faire
l’objet d’un écrit individuel et préalable.
L’écrit doit servir à déterminer les modalités du
télétravail. Certaines mentions propres à cette modalité d’exécution doivent
faire l’objet d’une mention :
-
La
fréquence du télétravail,
-
Les
moments pendant lesquels le télétravailleur doit être joignable,
-
Les périodes
de support technique pour le télétravailleur,
-
La
prise en charge par l’employeur des frais du télétravail,
-
Les
conditions du retour au travail chez l’employeur.
Sanction : en l’absence d’écrit, le
télétravailleur a le droit de (re)venir travailler
chez l’employeur.
Egalité
Le télétravailleur doit bénéficier des mêmes
conditions de travail que les autres travailleurs, notamment quant à :
-
La
durée du travail,
-
La
charge du travail,
-
Les
critères de résultat,
-
Les
contacts sociaux avec les collègues (l'employeur doit prendre des mesures pour
prévenir l'isolement).
Des accords spécifiques, collectifs ou individuels,
peuvent être conclus pour tenir compte des particularités du télétravail.
Les télétravailleurs ont les mêmes droits collectifs que les
travailleurs en entreprise.
Les télétravailleurs ont les mêmes droits à la
formation et à la carrière, et sont soumis aux mêmes politiques d'évaluation.
Equipement
C’est l’employeur qui est responsable, on s’en
doute, de fournir, installer, payer et entretenir les équipements nécessaires
au télétravail et assumer les risques du télétravail.
L'employeur ne doit prendre en charge que les
coûts des connexions et communications liées au télétravail.
L’employeur doit aussi fournir un appui technique.
Quant au télétravailleur il doit respecter la
destination du matériel : il ne rassemble ni ne diffuse de matériel
étranger à la description du travail via Internet.
Pas question de stocker de la musique ou des
images, de surfer ou de chatter sur ce matériel.
Concernant la sécurité l’employeur informe le
télétravailleur notamment sur les exigences relatives aux écrans de
visualisation.
Les services internes de prévention ont accès aux
locaux, mais avec l’accord du télétravailleur si celui-ci opère à partir de son
domicile.
Protection des données
Ici aussi l’employeur assume des responsabilités.
Ainsi, en matière de :
-
Logiciels
protégeant les données traitées par le télétravailleur,
-
Législations
et des règles internes de protection des données,
-
Restrictions
mises à l'usage des équipements,
-
Sanctions
en cas de non-respect des restrictions.
La C.C.T. n° 81 du 26 avril 2002 relative à la
protection de la vie privée des travailleurs à l’égard du contrôle des données
de communication électronique en réseau s'applique mutatis mutandis.
Entrée en vigueur
La C.C.T. est entrée en vigueur le 1er juillet 2006.
Les conventions de secteur ou d’entreprise doivent assurer un niveau
de protection équivalent au plus tard le 1er juillet 2007.
> Le télétravail
26 juin 2007
Fort intéressant et des opportunités en perspectives pour l’employeur et l’employé.
Reste que la CCT ne règle pas les aspects sociaux et fiscaux avec des conséquences étonnantes : la mise à disposition de matériel / d’outils de travail s’assimilent à des avantages en nature sur lesquels l’employé doit payer des cotisations sociales et un précompte professionnel.
La CCT qui a voulu apporter un plus, apporte également un moins : l’employé devra payé un impôt supplémentaire pour travailler de chez lui ...