Droit et Fiscalité belge

www.businessandlaw.be

Site d'informations fiscales, juridiques et comptables en droit belge

mardi 30 juin 2009.

Soulever l’exception d’inexécution et exiger l’exécution forcée

L’exception d’inexécution est un principe général de droit qui s’applique à tous les contrats synallagmatiques. Elle résulte de la nature même du contrat synallagmatique dont les obligations s’exécutent trait pour trait.

Cette exception permet à une partie de suspendre l’exécution de ses obligations jusqu’à ce que l’autre s’exécute.

Un autre principe fondamental du contrat synallagmatique est le choix donné au créancier par l’article 1184 du Code civil, en cas de défaillance de son cocontractant, de poursuivre soit l’exécution forcée soit la résolution du contrat avec dommages.

En cette occurrence, comme le partenaire contractuel est défaillant, le créancier pourrait aussi suspendre l’exécution de son obligation par l’exception d’inexécution.

Se pose donc la question de savoir si le créancier, confronté à l’inexécution de son débiteur, peut à la fois suspendre l’exécution de sa propre obligation et exiger l’exécution forcée de son débiteur. (pour la suite, cliquez sur +)

La Cour de cassation a répondu par la négative dans un arrêt du 15 mai 2009 (rôle n° C.08.0531.N).

Il s’agissait de la fourniture d’un béton, manifestement non conforme à la commande. L’acheteur avait suspendu le paiement et exigeait que le vendeur assume les frais permettant de rendre le béton conforme à sa destination.

La Cour d’appel d’Anvers avait rejeté l’argument du fournisseur qui faisait valoir qu’il subissait un double dommage en ce que sa facture ne lui était pas reconnue et qu’il devait indemniser le dommage.

La Cour de cassation a répondu ceci : “ L’arrêt qui, sur ce moyen, déclare non fondée la demande de la demanderesse (en cassation) en paiement de la facture pour le béton livré, et qui en même temps condamne la demanderesse à réparer le dommage né de la livraison non conforme, viole l’article 1184 du Code civil.”

Pour la Cour de cassation, il suit de l’article 1184 du Code civil que l’acheteur, qui invoque la livraison non conforme et qui, même s’il peut suspendre partiellement ou totalement le paiement du prix sur base de cette disposition, ne réclame pas la résolution du contrat, ne peut pas en même temps ne pas payer le prix et réclamer la réparation de la chose vendue (traduction).

 

Tout savoir sur une entreprise              Alles weten over een onderneming              Preuve : que vaut un email ?              

L’exceptio timoris

Le créancier d’une obligation inexécutée peut demander à son choix, soit l’exécution forcée, soit la résolution du contrat (art. 1184 du Code civil), lorsqu’il s’agit d’un contrat, comme la vente, où chaque partie doit prester.

Dans la vente d’immeuble, les incommodités de la procédure en résolution sont nombreuses : il faut d’abord avancer les droits d’enregistrement, il faut prendre les mesures conservatoires du bien, il faut risquer les aléas du marché, etc.

Il est bien préférable de rapidement remettre le bien sur le marché. Mais pour cela il faut se défaire de la vente, et cela est dangereux sur le plan des droits d’enregistrement (sauf en Flandre), comme sur le plan juridique.

Or, pour agir en résolution, il faut que l’inexécution soit consommée. Il faut être certain que le débiteur ne s’exécutera pas à l’échéance (souvent dans 4 mois), après une mise en demeure.

Du fait que la défaillance doit être certaine, on dit que l’exceptio timoris n’est pas admise. C’est l’exception sur base de la crainte de la défaillance future de l’autre partie.

Or il y a des exceptions à ce principe, notamment dans la vente d’immeuble. L’article 1655 du Code civil se lit comme suit :

« La résolution de la vente d’immeubles est prononcée de suite si le vendeur est en danger de perdre la chose et le prix. Si ce danger n’existe pas, le juge peut accorder à l’acquéreur un délai plus ou moins long suivant les circonstances. Ce délai passé sans que l’acquéreur ait payé, la résolution de la vente sera prononcée. »

Cela veut dire que le vendeur d’immeuble peut agir tout de suite, s’il a de bonnes raisons de penser que l’acheteur se dérobera. Cette disposition reste sous-utilisée, bien à tort, car elle a toute son utilité dans la vente d’immeuble.

On connaît d’autres applications de l’exceptio timoris. En matière de garantie d’éviction ou dans la vente internationale de marchandise. En dehors de ces cas, il faut attendre qu’il soit certain que le cocontractant soit défaillant.

Interdiction professionnelle

Un failli qui a commis une faute grave et caractérisée ayant contribué à la faillite peut se voir interdire d’exercer une activité commerciale.

Quant au gérant de fait ou de droit, lorsque c’est une société qui est faillie, il peut être se voir interdire d’exercer personnellement ou par interposition de personne, toutes fonctions d’administrateur ou de gérant, toutes fonctions conférant le pouvoir d’engager une société ainsi que toutes fonctions de préposé à la gestion d’un établissement belge.

C’est le tribunal de commerce qui a prononcé la faillite qui est compétent, ou le tribunal de commerce de Bruxelles si la faillite a été pronocé à l’étranger.

L’article 3bis § 4 de l’arrêté royal n° 22 du 24 octobre 1934 prévoit que la durée de cette interdiction, fixée par le tribunal, ne peut être inférieure à 3 ans ni excéder dix ans.

La limite inférieure à 3 ans vient d’être supprimée par la loi du 28 avril 2009 publiée au Moniteur Belge du 29 mai 2009.

Cela permettra de mieux adapter cette peine à la diversités des situations. Et donc de la mettre plus souvent en œuvre.

Rappelons les particularités procédurales de cette matière. La citation à comparaître est donnée par le Parquet d’office ou sur demande d’un créancier. Le délai de comparution est de huitaine et l’audience se tient en chambre du conseil et l’avis du Ministère public a lieu « le cas échéant ».

Le jugement est prononcé dans le mois et le délai d’appel n’est que de huit jours de la notification du jugement.

Un nouvel administrateur est désigné

L’assemblée générale a décidé de désigner un nouvel administrateur ? Le conseil d’administration a décidé de désigner un nouveau délégué à la gestion journalière ? ou de transférer le siège ?

Il faut alors rendre la décision opposable en la publiant au Moniteur Belge, qui est électronique comme on le sait.

Comment faire ?

Il faut tout d’abord télécharger le formulaire ad hoc sur cette page.

On complète le formulaire A et on résume la décision de l’assemblée générale dans la case prévue à cet effet au volet B.

Exemple : L’assemblée générale et le conseil d’administration du ... a acté la renonciation par Monsieur ... à ses mandats d’administrateur et de délégué à la gestion journalière, à dater du ..., avec décharge. En remplacement, à dater du même jour, l’assemblée générale et le conseil d’administration ont désigné en qualité d’administrateur et de délégué à la gestion journalière Monsieur ... à titre gratuit. Le conseil d’administration a transféré le siège social à ....

On signe ensuite le verso de la page où la décision de l’assemblée est reproduite en indiquant le nom du signataire.

Il convient enfin de déposer le document en original au greffe du tribunal de commerce, registre des personnes morales et des ASBL, accessible au public le matin de 8 h 30 à 12 h.

A Bruxelles, l’adresse est boulevard de la Deuxième Armée Britannique 148 à Forest.

Ne pas oublier d’apporter un chèque établi au nom du Moniteur belge de 140,48 €.

La décision est publiée dans les 10 jours sur la page personnes morales du site du Moniteur Belge.

Bail commercial : il faut toujours réagir !

S'il résulte de la réponse à la demande de renouvellement que le bailleur subordonne le renouvellement à des conditions nouvelles, le preneur est tenu d'accepter EXPRESSEMENT et non tacitement, ou, s'il refuse, de se pourvoir devant le juge de paix, et cela dans les 30 jours de la réponse

Le mariage aussi était en blanc

L'essentiel de ce qu'il faut savoir en matière de mariage de complaisance

La détention administrative

Il existe des motifs raisonnables de croire, en fonction de son comportement, d'indices matériels ou des circonstances, qu'une personne se prépare à commettre une infraction qui met gravement en danger la tranquillité ou la sécurité publiques

Avenant de cession de bail de résidence

Ce modèle de contrat vise la cession d'un bail de résidence principale. L'accord préalable et écrit du bailleur est requis et la cession emporte décharge du locataire cédant

Convention de séquestre

Modèle de convention de séquestre conventionnel sur des actions, accessoirement à une cession d'actions à paiement différé

Accord de co-intervention

Quand un intermédiaire mandaté à la vente et un intermédiaire mandaté à l'achat doivent harmoniser leurs interventions